Fin annoncée pour la Société Générale : la banque prévoit la fermeture de plusieurs agences d’ici 2026
La fermeture d’agences est devenue le nouveau thermomètre du secteur bancaire. Et la Société Générale, déjà engagée dans une mutation accélérée, s’apprête à franchir un cap.
Derrière cette bascule, une question simple inquiète : que restera-t-il, demain, de la banque de proximité ?
Une banque qui change de visage, partout en France
Depuis quelques années, le décor bancaire se transforme sans bruit. Les rendez-vous au guichet se raréfient. Les automates remplacent les opérations courantes. Et, surtout, les applications ont pris la main sur une grande partie de la relation client.
Ce basculement est documenté. Selon la Fédération bancaire française, 94% des Français consultent le site ou l’application de leur banque, et 79% ont téléchargé au moins une application bancaire. En parallèle, la fréquentation des agences recule : 36% des clients s’y rendent au moins une fois par trimestre, contre 41% en 2020.
Autrement dit, la banque “physique” n’a pas disparu. Mais elle n’est plus le centre de gravité. Et c’est précisément ce glissement qui pousse les réseaux à se reconfigurer.
Société Générale : une réorganisation qui ne date pas d’hier
Pour comprendre ce qui se prépare en 2026, il faut revenir à la grande manœuvre déjà lancée avant. Société Générale a fusionné sa banque de détail avec Crédit du Nord pour créer une nouvelle organisation, sous la marque “SG”. Le projet présenté en 2021 assumait une logique de simplification, avec un réseau unique et un système informatique unifié.
Dans le même mouvement, la fermeture de points de vente est devenue un outil de pilotage. La tendance n’est pas propre à la Société Générale : en France, des milliers d’agences ont fermé sur la dernière période, au point que certains territoires parlent déjà de “déserts bancaires”. TF1/LCI évoque 3 296 fermetures en cinq ans, toutes banques confondues, et souligne que la Société Générale figure parmi les réseaux les plus touchés sur la période.
Ce contexte compte, car il explique pourquoi chaque nouvelle vague de fermetures est scrutée à la loupe : elle s’inscrit dans une trajectoire longue, et pas dans un simple “coup de rabot”.
Le vrai enjeu : l’équilibre entre économies et service au public
Sur le papier, la recette est connue. Moins de surfaces immobilières, moins de charges fixes, plus d’autonomie client via le digital. Dans les faits, l’équation est plus sensible.
Car les agences ne servent pas uniquement à déposer un chèque. Elles jouent un rôle d’accompagnement, surtout pour certains publics. Les personnes âgées, les clients fragiles, ou ceux qui n’ont pas une maîtrise totale des outils numériques, s’appuient encore sur un interlocuteur physique. Les élus locaux le rappellent souvent lors des fermetures : une agence, c’est aussi un repère de centre-ville.
À lire aussi
D’ailleurs, même si les usages se digitalisent, les Français restent attachés à un modèle hybride. La FBF indique que 80% préfèrent une banque qui laisse le choix entre internet et l’agence, selon les besoins.
C’est là que la tension monte : comment fermer des sites tout en conservant l’idée d’une banque “proche” ?
Ce qui se prépare en interne : des postes qui disparaissent, sans plan social
Côté salariés, la réorganisation prend une forme très précise. Le 22 janvier 2026, Société Générale a annoncé un projet visant 1 800 suppressions de postes en France, sur 2026 et 2027, en insistant sur l’absence de licenciements secs. La banque évoque une réduction via l’attrition naturelle, la mobilité interne et la montée en compétences.
Reuters confirme la logique : 1 800 postes sur un périmètre d’environ 40 000 salariés en France, avec une mise en œuvre étalée sur deux ans et un recours annoncé aux départs naturels et redéploiements.
Sur le terrain, ce type de stratégie est souvent vécu de façon ambivalente. Officiellement, elle évite un plan social brutal. Mais elle peut aussi créer une pression diffuse : réorganisations, déménagements de fonctions, changements de périmètres, et incertitude sur les équipes locales.
Et maintenant, la révélation : combien d’agences pourraient fermer en 2026 ?
C’est ici que tout se cristallise.
Selon la CGT, la Société Générale prévoirait la fermeture de 101 agences en France sur l’année 2026. L’information a été reprise par Reuters dès novembre 2025, puis à nouveau évoquée lors de la séquence de janvier 2026 autour de la réorganisation.
Point important : la banque, elle, a refusé de commenter spécifiquement ce chiffre lorsqu’il a été rendu public par le syndicat, selon Reuters.
Ce flou nourrit la crainte côté clients, car une fermeture d’agence n’est jamais “neutre”. Elle implique des transferts de dossiers, des changements de conseiller, parfois une nouvelle agence à plusieurs kilomètres, ou une bascule vers des échanges à distance.
À lire aussi
Ce que ça peut changer pour les clients, concrètement
Pour beaucoup, l’impact sera d’abord logistique. Une agence en moins, c’est plus de trajet, plus d’attente sur certaines agences “regroupées”, et moins de disponibilité pour les rendez-vous longs, comme un crédit immobilier ou une renégociation.
Mais l’effet le plus sensible concerne les zones rurales et périurbaines. RTL racontait encore en janvier 2026 le cas d’une commune de l’Indre où la fermeture d’agence est vécue comme une perte de service essentiel, notamment pour les personnes âgées.
En parallèle, les banques comptent sur le digital pour absorber la demande. Ce pari fonctionne pour une majorité, mais pas pour tous. Et la question n’est pas seulement technologique : elle est sociale.
Jusqu’où ira la “banque sans agences” ?
La trajectoire est claire : le réseau se resserre, les services se digitalisent, et les effectifs s’ajustent. Les grandes banques avancent à des rythmes différents, mais l’objectif converge : adapter la “présence physique” à la fréquentation réelle.
Le risque, à terme, est celui d’une France à deux vitesses : des métropoles bien dotées en services, et des territoires où l’accès au conseil bancaire devient un parcours. Les pouvoirs publics surveillent déjà ce sujet via la question des distributeurs, de l’accessibilité et de l’inclusion bancaire.
Reste que, pour la Société Générale comme pour ses concurrentes, la pression économique est forte : maintenir des centaines de points de vente coûte cher, tandis que la concurrence des banques en ligne impose des modèles plus légers.
Une fermeture d’agence n’est jamais un simple “détail”
Derrière le mot “optimisation”, il y a une réalité très concrète : des habitudes qui se brisent, des salariés qui se projettent difficilement, et des clients qui perdent un repère. En 2026, la Société Générale accélère, comme le reste du secteur. La question n’est plus de savoir si le réseau va se réduire, mais comment, et à quel prix social.
Vous pouvez lire plus d’articles sur le thème Argent ici.
- 28/01/2026 à 13:28Un tour de vis pour les clients !
1 commentaire