Messi attaque en justice des vendeurs de Temu : les sommes réclamées sont colossales
Des maillots, des accessoires, tous estampillés « MESSI »… mais jamais autorisés par le principal intéressé. Lionel Messi vient de déposer une plainte devant un tribunal fédéral de New York contre un réseau de vendeurs qui écoulent des produits contrefaits à son nom. Deux plateformes sont au cœur de l’affaire : Temu et Walmart.
Le champion argentin, qui protège sa marque comme il protégeait le ballon, n’a visiblement pas l’intention de laisser passer. Et les montants en jeu donnent le vertige.
Une plainte déposée dans le district sud de New York

C’est via sa société LMGM S.L.U. que Lionel Messi a lancé les poursuites. Le dossier a été enregistré auprès du tribunal fédéral du district sud de New York, l’une des juridictions les plus réputées des États-Unis pour les affaires de propriété intellectuelle.
Selon les documents judiciaires relayés par la presse argentine, les défendeurs opèrent des boutiques en ligne sur les marketplaces Temu et Walmart. Aucun d’entre eux ne dispose de licence ni d’autorisation pour utiliser la marque MESSI.

L’identité complète des mis en cause reste pour l’instant sous scellés. La cour attend leur notification formelle avant de lever le voile. Ce qui est déjà connu, en revanche, c’est leur mode opératoire.
Un réseau organisé entre référencement et comptes bancaires étrangers
Les vendeurs visés ne se contentent pas de mettre des produits en ligne. D’après la plainte, ils utilisent des techniques de référencement poussées et des campagnes de promotion sur les réseaux sociaux pour maximiser leurs ventes.
Plus préoccupant encore : ils transfèrent ensuite leurs gains vers des comptes bancaires à l’étranger. Un mécanisme pensé pour compliquer toute poursuite judiciaire et rendre la traçabilité des fonds quasi impossible.
On est loin de l’amateur qui vend trois t-shirts depuis son garage. C’est un schéma rodé, avec des acteurs visiblement habitués à naviguer entre les failles du e-commerce international.
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Des dommages et intérêts qui pourraient atteindre des millions
Les avocats de Messi ne plaisantent pas. Matthew Lane Schwartz et Christopher Tom, du prestigieux cabinet Boies Schiller Flexner LLP, réclament des mesures conservatoires immédiates. Objectif : geler les comptes impliqués sans attendre le procès.
Ils demandent également le versement intégral des bénéfices réalisés grâce à la contrefaçon. Et ce n’est que le début.
Les dommages et intérêts réclamés pourraient atteindre le triple des gains réalisés par les vendeurs. En alternative, la loi prévoit une indemnisation légale comprise entre 1 000 et 2 millions de dollars par usage illicite de la marque. Autant dire que l’addition risque d’être très salée.
La procédure s’appuie sur le Lanham Act, la loi fédérale américaine sur les marques, ainsi que sur la législation spécifique de l’État de New York. Un double arsenal juridique qui ne laisse pas beaucoup de marge aux accusés.
Temu se défend : « Ce sont des vendeurs individuels »

Face à la médiatisation de l’affaire, Temu n’a pas tardé à réagir. Un porte-parole de la plateforme chinoise a précisé que la plainte vise des vendeurs individuels et non Temu elle-même.
La marketplace assure interdire les publications portant atteinte à la propriété intellectuelle. Elle affirme aussi collaborer activement avec les titulaires de droits pour traiter ce type de litige. Une défense classique pour les géants du e-commerce, souvent pointés du doigt pour le manque de contrôle sur leurs vendeurs tiers.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Temu fait parler d’elle pour des problèmes de qualité ou de fiabilité. Entre les jouets jugés dangereux, les faux diamants et les commandes improbables, la plateforme accumule les controverses.
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Messi, une marque devenue un empire à protéger
À 37 ans, Lionel Messi n’est plus seulement un footballeur. C’est une marque mondiale, déposée et enregistrée, qui génère des revenus colossaux via des partenariats officiels, des lignes de produits et des droits d’image.
Laisser des vendeurs non autorisés exploiter son nom sans réagir reviendrait à affaiblir la valeur de cette marque. Dans le monde du sport business, la protection de la propriété intellectuelle est un combat permanent.
Comme l’a montré l’affaire Sean « Diddy » Combs et ses déboires contractuels, un empire bâti sur un nom peut vaciller si ce nom n’est pas verrouillé juridiquement.
Une date de jugement encore inconnue
Pour l’heure, aucune date d’audience n’a été communiquée. La procédure est encore à ses débuts, avec la phase de notification des accusés toujours en cours.
Mais le signal envoyé est clair. Messi et ses avocats entendent faire un exemple. Si les mesures conservatoires sont accordées, les comptes des vendeurs pourraient être bloqués bien avant le verdict final.
Une chose est sûre : commander un faux maillot « MESSI » à prix cassé sur une marketplace pourrait coûter très cher — pas seulement au vendeur, mais aussi à la plateforme qui le tolère.