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Un étudiant reconnaît avoir violé sa petite amie dans une lettre : sa publication par Libération provoque l’indignation

Publié par Lucie B le 08 Mar 2021 à 17:15
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Dans le cadre de son édition du lundi 8 mars, journée de lutte pour les droits des femmes, Libération publie la lettre de Samuel, qui reconnaît avoir violé son ancienne petite amie, Alma. Cette publication provoque l’indignation sur les réseaux sociaux.

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Crédits : Libération

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Une lettre d’un agresseur pour sa victime

C’est un choix éditorial controversé. Lundi 8 mars, journée de lutte pour les droits des femmes, le quotidien Libération prend le pari de publier une lettre d’un violeur. Sur la Une du journal, on peut ainsi lire, en colonne : « Je t’ai violée, Alma, la lettre d’un agresseur à sa victime » .

Dans le texte, l’article va à la rencontre d’Alma, à l’origine de la libération de la parole sur les violences sexuelles à Sciences-Po Bordeaux. La jeune femme est hospitalisée pour dépression, suite au viol qu’elle a subi de la part de son ex petit ami, Samuel, en avril 2019. Il y a deux semaines, elle reçoit une lettre de Samuel, où le jeune homme reconnaît l’avoir violé.

Elle raconte à Libération, sa réaction à la lecture de cette lettre. « Quand j’y repense, c’était très symbolique pour moi. Et contre toute attente, pour la première fois depuis mon agression, je me suis sentie apaisée. C’est difficile à décrire, mais en lisant les premières lignes, une vague de soulagement m’a envahie. Le mot « viol » était écrit noir sur blanc. Mon violeur reconnaissait ce qu’il m’avait fait. Samuel reconnaissait m’avoir détruite » .

Un violeur qui souhaite reconnaitre et expliquer son crime

Dans la foulée, le quotidien Libération décide de publier, après avoir obtenu le consentement des deux parties, la lettre de Samuel. Celui-ci l’a envoyé à la rédaction du journal, avec comme titre : « J’ai violé. Vous violez. Nous Violons » . Dans cette lettre, le jeune homme reconnaît son crime.

« J’ai perdu le contrôle. Pourtant calme de nature, j’ai senti une cascade de rage se déverser en moi. De plus en plus de violence. De plus en plus d’intensité. De moins en moins de considération pour l’autre. Je n’ai rapidement plus existé que par les émotions extrêmes et rares que j’éprouvais. Elle, comme morte, s’effaçait lentement dans mon regard devenu primal et animal. J’ai violé » .

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Une publication de Libération qui provoque un tollé sur les réseaux sociaux

Cet article, paru en ce jour de lutte pour les droits des femmes, n’est pas passé inaperçu. Il a provoqué la colère de plusieurs lecteurs, mais également les associations de lutte contre les violences sexuelles, comme NousToutes, ou encore Osez le féminisme.

Face à la réaction des réseaux sociaux, Libération a publié un article « Making of » afin d’expliquer les raisons de la parution de cette lettre. D’après le quotidien, la réflexion de la lettre de Samuel « vise à nous interpeller, à nous sortir de la zone de confort consistant à considérer que le violeur, le monstre, c’est l’autre » .  Libération précise que cet article ne vise pas à excuser le crime commis par Samuel, contre Alma. « Il ne se justifie pas, ne s’autoflagelle pas, ne se défausse pas, il explique. Et expliquer n’est pas excuser » .

Le média papier reconnaît cependant que « la force intellectuelle, la fougue de ce texte peuvent aussi susciter le rejet et jouer en sa défaveur (…) il apporte du matériau humain à une question douloureuse, complexe et tabou » . Des explications qui ne convainquent pas du tout la féministe Caroline De Haas.

Libération précise dans son article, qu’Alma, la victime, se garde le droit de porter plainte, quand elle se sentira prête.

Source : Libération

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