Livret A en 2026 : la révision de février approche, voici ce qui va changer
Le taux Livret A 2026 va évoluer au cœur de l’hiver, avec un effet immédiat sur plusieurs livrets très répandus.
Derrière cette révision, il y a une mécanique réglementaire… et une décision politique qui peut adoucir la baisse.
Un rendez-vous discret, mais qui touche des millions d’épargnants
Deux fois par an, l’épargne réglementée change de tempo. Et même si l’annonce arrive souvent au milieu d’autres actualités, l’impact est réel : ces livrets servent d’“épargne réflexe” à des foyers qui veulent du sécurisé, du disponible et du net d’impôts.
Ce qui se joue début février n’est pas seulement une question de rendement. C’est aussi un signal sur l’état de l’économie : inflation qui ralentit, taux de marché qui bougent, et arbitrages entre pouvoir d’achat des épargnants et financement de certaines politiques publiques.
D’ailleurs, le ministère de l’Économie rappelle régulièrement que le Livret A ne sert pas qu’à “dormir” : une partie des fonds contribue notamment au financement du logement social et de la politique de la ville.
Pourquoi les taux baissent quand l’inflation ralentit
Le Livret A (et le LDDS) obéissent à une formule légale qui combine, sur un semestre, l’inflation hors tabac et un taux de marché de court terme (l’€STR). La Banque de France calcule, puis recommande. Ensuite, le gouvernement tranche.
Or, quand l’inflation se calme, la formule “tire” naturellement le taux vers le bas. C’est exactement le contexte décrit par la Banque de France : une inflation semestrielle moyenne (hors tabac) autour de 0,88 % et un €STR moyen autour de 1,93 % aboutissent à un résultat théorique de 1,4 % pour le Livret A.
Mais la mécanique a une particularité importante : l’arrondi et la possibilité de “coup de pouce”. C’est là que se glissent les décisions les plus commentées.
L’arrondi qui change tout… et le “coup de pouce” qui protège le LEP
Dans son communiqué, la Banque de France explique avoir proposé de limiter la baisse via un taux arrondi à 1,5 % afin de mieux préserver le pouvoir d’achat, tout en gardant une cohérence avec l’environnement économique.
Même logique pour le LEP, mais avec une nuance sociale assumée : la formule aurait donné 1,9 %, et la recommandation a été de le remonter à 2,5 %, soit un “coup de pouce” de +0,6 point.
Au passage, les autorités insistent sur un point : ces taux resteraient au-dessus d’une inflation observée autour de 0,8 % en décembre, selon la communication officielle.
Les nouveaux taux au 1er février 2026, produit par produit
C’est donc à partir du 1er février 2026 que la nouvelle grille entre en vigueur, comme l’annoncent Service-public et Bercy.
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Le taux du Livret A passe à 1,5 % (contre 1,7 % sur la période précédente), et le LDDS suit exactement la même rémunération, puisqu’il est indexé sur le Livret A.
Le LEP, réservé aux ménages éligibles, descend à 2,5 % (contre 2,7 %), tout en restant nettement plus rémunérateur que les autres livrets réglementés.
Concrètement, ce n’est pas une “catastrophe” au quotidien, mais une baisse qui finit par se voir sur une année complète.
Ce que ça change en euros, sur une épargne “typique”
Prenons un exemple simple, pour visualiser.
Avec 10 000 € sur un Livret A, à 1,7 %, on est sur 170 € d’intérêts annuels. À 1,5 %, on passe à 150 €. La différence est donc 20 € sur une année pleine. Et comme le Livret A est exonéré d’impôt, ce sont des montants nets.
Même logique pour le LDDS, avec un plafond inférieur (12 000 €), mais une mécanique identique.
Pour le LEP, avec 10 000 €, à 2,7 % on serait à 270 €, et à 2,5 % on tombe à 250 €. Là encore, l’écart est de 20 € sur une année pleine.
Ce qui compte, en réalité, c’est la combinaison “sécurité + disponibilité + net d’impôt” et la place de ces livrets dans une stratégie globale.
Livret A : plafond, règles de calcul et réflexes utiles
Le plafond du Livret A pour un particulier reste un repère clé : 22 950 € (hors intérêts capitalisés).
Autre détail souvent oublié : les intérêts sont calculés par quinzaine, avec des dates de valeur au 16 ou au 1er du mois suivant selon que vous déposez avant ou après le 15. Sur ce point, Service-public rappelle la logique de calcul mensuel (1er et 16).
Dit autrement : quand on alimente son livret, le timing peut jouer, même si l’effet est modeste.
CEL : un taux qui suit mécaniquement le Livret A
Le Compte Épargne Logement (CEL) est moins “dans l’actualité”, mais il bouge lui aussi, parce que son taux dépend directement du Livret A.
La règle, inscrite dans l’arrêté de 2021, est claire : le taux du CEL est égal aux deux tiers du taux du Livret A, avec un mécanisme d’arrondi au quart de point.
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À partir d’un Livret A à 1,5 %, les deux tiers donnent 1,0 % tout rond. C’est donc une baisse logique par rapport au niveau précédent. Et pour ceux qui gardent un CEL pour ses droits à prêt, cela renforce une question : le CEL sert-il encore à “placer”, ou surtout à préparer un projet immobilier ?
PEL : 2 %… mais uniquement pour les nouveaux plans
C’est l’autre produit qui intrigue, car on le confond souvent avec les livrets.
Le PEL n’évolue pas comme le Livret A : son taux est fixé à l’ouverture. Et depuis le 1er janvier 2026, un avis publié au Journal officiel fixe la rémunération des PEL ouverts à compter de cette date à 2,00 %.
Service-public et Bercy rappellent aussi l’échelle par année : 1,75 % pour un PEL ouvert en 2025, puis 2 % pour un PEL ouvert à partir de 2026.
Mais il y a un piège de comparaison : contrairement au Livret A, le PEL est fiscalisé. La Finance pour tous rappelle que, dans le cadre récent, les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % dès la première année, et Bercy détaille le taux global du PFU.
Donc, un “2 %” de PEL n’est pas automatiquement plus intéressant qu’un “1,5 %” net et liquide. Tout dépend de votre horizon et de votre besoin de disponibilité.
Ce que cette baisse raconte, au-delà de votre livret
Une baisse du Livret A n’est jamais neutre. Elle change l’arbitrage entre épargne et consommation, elle pèse sur les revenus financiers des ménages, mais elle réduit aussi le coût de certaines ressources pour le financement public, dont le logement social.
Et elle arrive dans une période où les autorités soulignent la montée en puissance du LEP : plus de 12 millions de LEP “aujourd’hui”, contre 8,3 millions fin 2022, selon la Banque de France.
Le message est limpide : les livrets “grand public” baissent, le livret “épargne populaire” reste favorisé, et l’État continue d’utiliser ces produits comme des outils d’équilibre entre rendement, inflation et priorités collectives.
Faut-il bouger son argent avant le 1er février ?
Pour la plupart des épargnants, la réponse est simple : il n’y a pas d’urgence à “tout déplacer”, car ces livrets restent utiles pour une épargne de précaution. En revanche, cette baisse est un bon prétexte pour refaire un point : combien garder en liquide, combien placer à plus long terme, et surtout, si vous êtes éligible, ne pas laisser passer le LEP.
Et si vous pensiez “rattraper” la baisse avec un PEL, gardez en tête les règles : taux figé à l’ouverture, contrainte de durée… et fiscalité. La bonne décision n’est pas celle qui affiche le plus gros pourcentage. C’est celle qui colle à votre besoin réel.