Peugeot, Citroën, Opel : plusieurs modèles rappelés en France pour un risque d’incendie lié au moteur
Si vous roulez en Peugeot 3008, en Citroën C3 Aircross ou en Opel Frontera, lisez attentivement ce qui suit. Le site gouvernemental Rappel Conso vient de publier une alerte qui concerne directement plusieurs modèles de véhicules vendus en France. En cause : un défaut dans le moteur qui peut, dans certaines conditions, provoquer un incendie. On vous détaille tout, modèle par modèle, pour que vous puissiez vérifier si votre voiture fait partie du lot.
Un défaut mécanique bien précis — et pas anodin
L’alerte a été publiée le vendredi 8 mai par Rappel Conso, le portail officiel du gouvernement dédié aux rappels de produits. Et cette fois, ce ne sont pas des pizzas ou de la charcuterie qui sont dans le viseur, mais bien des voitures. Trois marques du groupe Stellantis sont concernées : Peugeot, Citroën et Opel.

Le problème se situe au niveau de l’unité de commande du moteur, plus précisément dans ce qu’on appelle l’ondulateur. Ce composant équipe les véhicules dotés d’une transmission à double embrayage électrifiée (e-DCT). Concrètement, des résidus de soudure métallique peuvent se détacher et pénétrer dans l’unité. À partir de là, le scénario se corse sérieusement.
Ces résidus métalliques sont susceptibles de provoquer des courts-circuits électriques. Le relais peut alors rester bloqué en position fermée, ce qui entraîne une alimentation électrique continue et une surchauffe progressive. Résultat possible : un départ de feu. On est loin du simple voyant moteur allumé sur le tableau de bord. Ce type de défaut moteur nécessite une intervention rapide.
Et si le mot « incendie » vous semble excessif, rappelez-vous que Stellantis a déjà rappelé des véhicules pour des raisons similaires par le passé. Mais quels modèles sont précisément visés cette fois ?
Chez Peugeot, cinq modèles dans le viseur
Commençons par la marque au lion, qui concentre le plus grand nombre de modèles concernés. Les véhicules visés par ce rappel sont les Peugeot 2008 V2, 3008 V3, 308 V3, 408 et 5008 V3. Ce sont des modèles récents, très populaires sur le marché français, ce qui rend cette alerte d’autant plus sensible.

Attention toutefois : posséder l’un de ces modèles ne signifie pas automatiquement que votre voiture est concernée. Tout dépend de votre numéro VIN, que vous trouverez dans la rubrique E de votre carte grise. C’est ce numéro de série unique qui permet d’identifier précisément les véhicules faisant partie du lot défectueux.
Les plages de numéros VIN concernés sont les suivantes : VR3USHPY8TJ655218V ; VR3KAHPY4TS068793 à VR3KAHPY6TS069881 ; VR3FRHPY5TY533492 à VR3FRHPY1TY533795 ; VR3FPHPY7TY532317 à VR3FPHPY6TY533720 ; VR3KAHPY9TS067770 à VR3KAHPY5TS070567.
Pour les plus techniques, les numéros d’homologation visés sont : e22007/460628*39 ; g112018/85800753*04 ; e22007/460639*40 ; e22018/85800064*13 ; g112018/85800524*07. Ce n’est pas la première fois que Peugeot fait l’objet d’un rappel massif ces derniers mois, et la procédure est désormais bien rodée. Mais Peugeot n’est pas la seule marque à devoir alerter ses clients.
Citroën et Opel également touchés
Chez Citroën, deux modèles figurent sur la liste : le C3 Aircross V3 et le C5 Aircross V2. Là encore, seuls certains numéros de série sont concernés : VR7KAHPY8TL023431 à VR7KAHPY8TL023896 pour le C3 Aircross, et VR7CGHPY5TT083038 à VR7CGHPY6TT083646 pour le C5 Aircross.
Les numéros d’homologation à vérifier sont : e22018/85800035*11 ; e22018/85800064*13 ; g112018/85800524*07. La marque aux chevrons avait déjà dû rappeler plus de 57 000 véhicules récemment pour un bug logiciel. Cette nouvelle alerte confirme que les campagnes de rappel se multiplient dans l’industrie automobile.
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Troisième marque concernée : Opel, avec son modèle Frontera (commercialisé sous le nom Vauxhall dans certains marchés). Les numéros de série visés vont de VXKCSHPYXST306929 à VXKCSHPX7TT084567, avec le numéro d’homologation e2*2018/858*00035*11. C’est un modèle plus confidentiel en France, mais les propriétaires doivent être vigilants.
Le point commun entre tous ces véhicules ? Ils partagent la même architecture de transmission e-DCT, fournie au sein du groupe Stellantis. C’est donc un défaut qui remonte au fournisseur du composant, pas à un problème spécifique à une marque. La question maintenant : que faire si votre véhicule est dans la liste ?
Comment vérifier et que faire si vous êtes concerné
Première étape : sortez votre carte grise. Le numéro VIN se trouve à la rubrique E du document. C’est une suite de 17 caractères (lettres et chiffres) qui identifie votre véhicule de manière unique. Comparez-le avec les plages de numéros listées ci-dessus pour votre marque et votre modèle.

Si votre VIN correspond, pas de panique, mais ne traînez pas. Rappel Conso recommande de contacter le concessionnaire le plus proche de chez vous. C’est lui qui vous indiquera la marche à suivre : prise de rendez-vous, remplacement du composant défectueux, éventuellement un véhicule de prêt pendant l’intervention. L’opération est gratuite dans le cadre d’un rappel constructeur.
En attendant votre rendez-vous, restez attentif à tout comportement anormal de votre véhicule : témoin moteur allumé, odeur inhabituelle, perte de puissance soudaine. Si vous constatez le moindre signe de surchauffe, arrêtez-vous immédiatement dans un endroit sûr et coupez le contact.
Pour ceux qui veulent vérifier directement en ligne, le site rappel.conso.gouv.fr permet de rechercher les avis par marque et par produit. Vous pouvez aussi appeler votre concessionnaire avec votre numéro VIN : il a accès à la base de données des véhicules concernés et peut vous confirmer en quelques secondes si le vôtre fait partie du rappel.
Des rappels de plus en plus fréquents : faut-il s’inquiéter ?
Ce nouveau rappel s’inscrit dans un contexte où les campagnes de ce type se multiplient. En 2025, les constructeurs automobiles ont rappelé un nombre record de véhicules. Stellantis à lui seul avait déjà dû rappeler 700 000 véhicules pour risque d’incendie il y a quelques mois, puis 636 000 véhicules supplémentaires chez Peugeot, Opel, Citroën et Fiat.
Faut-il y voir un signe de véhicules moins fiables ? Pas forcément. Les systèmes de détection des défauts sont aujourd’hui bien plus sophistiqués, et les constructeurs préfèrent lancer un rappel préventif plutôt que d’attendre un accident. Le classement des voitures les plus fiables montre d’ailleurs que la fiabilité globale progresse, malgré la complexité croissante des motorisations hybrides et électriques.
Le vrai problème, c’est quand les rappels ne sont pas effectués. Souvenez-vous du scandale des airbags Takata, dont un défaut de fabrication a provoqué plusieurs décès dans le monde. Un constructeur a même été mis en examen pour blessures involontaires après avoir tardé à effectuer le rappel d’un modèle BMW. En France, 1,7 million de voitures équipées de ces airbags défectueux ont fini par être interdites de circulation.
La leçon est claire : quand un rappel est lancé, mieux vaut ne pas attendre. Un simple passage chez le concessionnaire peut vous éviter un scénario bien plus grave. Surtout quand le mot « incendie » figure noir sur blanc dans l’avis officiel. Si vous connaissez quelqu’un qui roule en Peugeot 3008, en Citroën C3 Aircross ou en Opel Frontera, faites-lui passer l’info — ça ne coûte rien et ça peut tout changer.