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Météo : le phénomène qui frappe les États-Unis pourrait avoir des effets en France

Publié par Killian Ravon le 28 Jan 2026 à 12:00

Les intempéries en France pourraient reprendre de la vigueur dans les prochains jours, avec un enchaînement de perturbations et un risque de coups de vent.

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Intempéries en France : fortes pluies et mer agitée sur le littoral atlantique
Sous un ciel sombre, la pluie et une mer très forte balaient un sentier côtier, illustrant le retour d’un temps perturbé en France.

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, l’Amérique du Nord vit un épisode hivernal spectaculaire. Deux scènes très différentes… qui pourraient pourtant se parler.

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Les coups de vent atlantiques se traduisent souvent par une mer forte sur les littoraux exposés. Crédit : Olivier Dugornay / IFREMER.
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Une vague de froid hors norme, du Canada jusqu’au sud des États-Unis

Depuis plusieurs jours, une masse d’air arctique s’est engouffrée sur une large partie du Canada et des États-Unis, avec des températures exceptionnellement basses et des chutes de neige marquées par endroits. D’après la NOAA, une tempête hivernale suivie d’un froid intense s’est étendue sur une grande partie du pays, avec des alertes météo et des impacts importants sur les déplacements.

Sur le terrain, les chiffres donnent le ton. Dans certaines zones du nord des États-Unis, des minimales très sévères ont été observées, tandis que plus au sud, l’air froid a favorisé des épisodes de verglas et de précipitations dangereuses. Les coupures d’électricité ont aussi pesé lourd : Reuters rapportait, au cœur de l’épisode, plusieurs centaines de milliers de foyers privés de courant dans différents États, notamment en lien avec le verglas et la neige. Même dans le sud, où l’hiver est d’ordinaire plus discret, la situation a surpris. À Dallas, par exemple, une neige dense a déjà offert des images inhabituelles ces dernières années, rappelant à quel point une descente d’air polaire peut bouleverser des régions peu habituées à gérer le froid. Cette fois, c’est la répétition et l’ampleur de la masse d’air qui intriguent les météorologues.

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Toronto sous la neige, verglas au sud : quand l’hiver complique tout

Au Canada, l’épisode n’a pas été qu’une affaire de thermomètre. La neige a parfois été abondante, notamment près de Toronto, où des cumuls importants ont été relevés lors du week-end, selon la presse locale et internationale. Plus au sud, l’autre visage de ce type de vague de froid, c’est le verglas. Quand l’air froid s’installe au sol et que de l’air plus doux et humide arrive en altitude, les routes deviennent des patinoires et le réseau électrique souffre. C’est précisément ce cocktail qui explique une partie des perturbations observées aux États-Unis, avec des chutes d’arbres, des lignes endommagées et des difficultés de circulation.

À ce stade, une question se pose naturellement en France : si l’Amérique du Nord vit un hiver aussi mordant, est-ce que le froid va « traverser » l’Atlantique et nous tomber dessus ? L’intuition paraît logique… mais la réponse, elle, l’est beaucoup moins.

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Les eaux relativement douces de l’Atlantique limitent le transfert direct du froid vers l’Europe. Crédit : Library of Congress / Benjamin Franklin.
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Pourquoi le froid américain ne peut pas “débarquer” tel quel en France

Même quand l’air arctique descend très bas en latitude en Amérique du Nord, il ne conserve pas sa puissance jusqu’à l’Europe occidentale. La raison est simple : l’Atlantique agit comme un immense tampon thermique. En survolant des milliers de kilomètres d’océan, l’air froid se modifie. Il se charge en humidité et se réchauffe progressivement au contact des eaux plus douces, liées notamment à la dynamique océanique de l’Atlantique Nord. Dit autrement : on ne « copie-colle » pas une masse d’air polaire du Midwest vers la Bretagne.

C’est d’ailleurs un point régulièrement rappelé par les services météo quand des comparaisons circulent sur les réseaux : l’Europe de l’Ouest reste très dépendante du flux océanique, et donc des contrastes de température entre mer et continent, bien plus que d’un simple transfert direct de froid. Mais c’est là que l’histoire devient intéressante. Car si le froid ne vient pas jusqu’à nous… il peut tout de même changer la mécanique au-dessus de l’Atlantique.

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Le déclic se joue au large : le carburant des dépressions dans l’Atlantique Nord

Quand une masse d’air polaire déboule sur le nord-ouest de l’Atlantique, notamment vers la mer du Labrador, elle rencontre des eaux relativement plus douces. Et ce contraste-là est une vraie mèche. En météorologie, un fort contraste thermique entre l’air et la mer favorise les échanges d’énergie. Résultat : les dépressions peuvent se creuser plus rapidement, et devenir plus actives. Dans le même temps, le courant-jet, cette « autoroute » de vents très rapides en altitude, peut se renforcer et mieux guider les systèmes dépressionnaires vers l’Europe.

Météo-France explique régulièrement que le courant-jet joue un rôle clé dans la trajectoire et l’intensité des perturbations, en pilotant la circulation à grande échelle. Autrement dit, l’Amérique du Nord n’envoie pas son air à -30°C sur Paris. En revanche, elle peut contribuer à booster la machine qui fabrique et propulse les perturbations de l’Atlantique vers nos régions. Et c’est précisément ce que redoutent les prévisionnistes : un régime océanique plus dynamique, capable d’enchaîner pluie, vent et fronts actifs.

Quand les sols sont saturés, la moindre perturbation active peut accélérer le ruissellement. Crédit : Vale353.
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Intempéries en France : pluie, vent, sols saturés… et risque de nouveaux débordements

Concrètement, cela se traduit par une succession de perturbations arrivant par l’ouest, avec des épisodes pluvieux parfois soutenus, puis un risque de coups de vent selon la position exacte des dépressions et la vigueur du courant-jet. Météo-France a déjà décrit, ces derniers jours, des configurations très dépressionnaires en Atlantique Nord, avec des systèmes capables d’abaisser fortement la pression et de générer des rafales marquées sur les façades exposées. Dans ce type de schéma, tout se joue souvent à quelques centaines de kilomètres : une trajectoire un peu plus nord, et le vent devient dominant ; un passage plus au sud, et c’est la pluie qui s’impose plus durablement.

Le second facteur, c’est l’état des sols. Après des semaines souvent humides dans de nombreuses régions, la marge d’absorption diminue. Ainsi, même des pluies « classiques » peuvent provoquer des réactions rapides sur les petits cours d’eau, puis des crues plus lentes sur les bassins plus grands. Ce n’est pas une mécanique automatique, mais c’est un amplificateur bien connu, surtout quand les épisodes se répètent à quelques jours d’intervalle. Enfin, il existe un scénario plus musclé : celui d’un creusement rapide au large, puis d’un passage suffisamment proche pour déclencher un épisode venteux notable. Météo-France rappelle que ces creusements, lorsqu’ils s’opèrent dans un environnement très dynamique, peuvent mener à des coups de vent marqués.

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Le courant-jet guide les dépressions et peut accélérer l’enchaînement des perturbations. Crédit : Justin Withers.
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Ce qu’il faut surveiller dans les prochains jours

Dans ce genre de configuration, trois éléments méritent une attention particulière. D’abord, la trajectoire des dépressions atlantiques : plus elles circulent près des côtes, plus le vent et la pluie peuvent être sensibles sur le pays. Ensuite, la vitesse du courant-jet : un jet puissant tend à accélérer le défilé des perturbations, ce qui laisse peu de répit entre deux fronts. Enfin, le contraste entre air froid et eaux de l’Atlantique Nord : c’est l’un des moteurs du creusement, et donc du potentiel d’agitation.

C’est ici que le lien transatlantique apparaît nettement. La vague de froid nord-américaine agit comme une pièce du puzzle : elle ne « refroidit » pas directement la France, mais elle contribue à installer un contexte favorable à une Atlantique plus remuant, donc à des intempéries en France plus fréquentes ou plus actives.

Même le sud des États-Unis peut être touché quand l’air arctique plonge très bas en latitude. Crédit : Lance Cheung / USDA.
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Pas de froid américain, mais un Atlantique sous pression

Ce qui se passe aux États-Unis ne se reproduira pas à l’identique chez nous. L’Atlantique empêche un transfert brut du froid. En revanche, l’épisode nord-américain peut renforcer le contraste thermique au large, stimuler l’activité dépressionnaire et dynamiser le courant-jet, ce qui ouvre la porte à une période plus agitée sur la France. Dans les prochains jours, la question n’est donc pas « va-t-on geler comme au Texas ? », mais plutôt : jusqu’où l’Atlantique va-t-il pousser l’instabilité, la pluie et le vent ?

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