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Alpes : jusqu’à 3,40 mètres de neige, une situation exceptionnelle dans plusieurs stations

Publié par Killian Ravon le 12 Fév 2026 à 10:43

La neige exceptionnelle dans les Alpes a changé le décor en quelques heures. Dans plusieurs massifs, les cumuls atteignent des niveaux rarement observés à cette période, tandis que Météo-France. Et les préfectures multiplient les messages d’alerte. Sur le terrain, la beauté des paysages se heurte à une réalité bien plus brutale. Routes menacées, domaines fermés et risque d’avalanches poussé à son maximum.

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Neige exceptionnelle dans les Alpes : un seul panneau “risque d’avalanche 5/5” devant une station sous fortes chutes de neige.
Un épisode de neige intense dans les Alpes, avec un risque d’avalanche maximal signalé à l’entrée du domaine.

Derrière les images spectaculaires, une consigne s’impose : limiter les déplacements et respecter strictement les interdictions. Car lorsque l’indice avalanche grimpe, ce sont aussi des infrastructures. Des habitations et des axes de circulation qui peuvent être touchés.

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À Chamonix, la gestion des accumulations devient un enjeu logistique. Crédit : Romainbehar.
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Des chutes intenses, et une accumulation qui devient un problème

Tout est parti d’un enchaînement de perturbations très actives, avec une limite pluie-neige fluctuante. Et des intensités capables de “charger” le manteau neigeux en un temps record. Selon TF1 Info, plusieurs stations des Alpes affichaient déjà des hauteurs dépassant les deux mètres, avec par exemple l’Alpe d’Huez / Oz-en-Oisans autour de 2,80 m, Chamonix à 230 cm, et d’autres sites qui frôlent ou dépassent les 2 m.

Dans certaines communes, l’évolution est décrite comme difficile à suivre au quotidien. La mairie des Deux Alpes évoque des conditions “difficiles et très changeantes” sur le domaine, en listant notamment vents forts en altitude et cumul de neige sur plusieurs jours pouvant atteindre un mètre.

Là où la situation se complique, c’est que ces apports successifs ne laissent pas au manteau neigeux le temps de se stabiliser. La neige récente se superpose à des couches parfois déjà fragiles, et le vent peut former des plaques plus denses, prêtes à céder au moindre déclencheur.

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Risque 5/5 : quand la menace ne concerne plus seulement les skieurs

Ce qui marque surtout cet épisode, c’est le niveau d’alerte. Météo-France a publié une communication très explicite sur la vigilance avalanche, en rappelant que de très grandes avalanches peuvent atteindre routes, infrastructures et parfois des habitations.

Côté autorités, la Savoie a basculé sur une vigilance renforcée, avec un message clair sur la Haute-Tarentaise. La préfecture de la Savoie a indiqué une vigilance rouge “avalanches” sur le secteur, en soulignant des communes particulièrement concernées et une période précise de surveillance accrue.

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Dans ce type de configuration, la montagne n’est plus seulement “dangereuse” en hors-piste. Les coulées peuvent se déclencher naturellement, en altitude, et prendre de l’ampleur à mesure que la neige continue de tomber. Le risque devient alors autant un sujet de sécurité civile qu’une question de pratique sportive.

Les grands domaines alpins alternent ouvertures partielles et fermetures préventives selon les secteurs. Crédit : Marcin Floryan.

Vigilance rouge : pourquoi les stations n’ont pas vraiment le choix

Fermer un domaine skiable coûte cher, mais l’alternative peut être pire. La station de La Plagne, par exemple, a annoncé la fermeture du domaine pour la journée du jeudi 12 février 2026, en mentionnant un risque d’avalanche de 5/5.

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Le même mouvement de précaution se retrouve dans plusieurs stations de Tarentaise et au-delà, avec des fermetures totales ou partielles, et des limitations d’accès à certains secteurs. Le Parisien (via l’AFP) évoque ainsi des fermetures dans plusieurs grandes stations en Savoie face au risque d’avalanche.

On comprend mieux la logique : dans un épisode où des avalanches “majeures” sont possibles, il ne s’agit plus d’ouvrir “quelques pistes” en espérant que tout se passe bien. La priorité devient la protection des personnes, y compris celles qui ne skient pas.

Les ouvrages de protection rappellent que certaines routes restent exposées en période de forte instabilité. Crédit : Florian Pépellin.
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Routes, vallées, accès : la montagne se met en mode protection

La montagne vit aussi au rythme de ses routes. Quand l’instabilité s’installe, les coupures d’axes deviennent fréquentes, parfois préventives, parce qu’un couloir avalancheux peut balayer une route en quelques secondes. La préfecture de la Savoie insiste justement sur le fait que des avalanches peuvent atteindre des infrastructures et des voies de circulation.

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Dans ces périodes, les stations et les communes ne gèrent plus seulement les remontées mécaniques. Elles coordonnent aussi les informations sur les itinéraires ouverts, les risques de chutes d’arbres, les accumulations liées au vent, et les restrictions de circulation dans certains hameaux.

Un détail pèse particulièrement : l’affluence des vacances d’hiver. Même sans accident, un simple axe bloqué peut entraîner des heures d’attente, et compliquer le travail des secours. Cela explique la répétition des consignes “ne vous déplacez pas” et “évitez les trajets non indispensables” que l’on retrouve dans les communications officielles sur les routes.

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Le facteur humain : renoncer, même quand “ça a l’air parfait”

La neige fraîche attire, c’est un fait. Pourtant, le danger avalanche ne se lit pas toujours à l’œil nu, surtout pour les pratiquants occasionnels. Météo-France rappelle l’importance de s’informer via les bulletins (BERA/BRA) et de suivre les consignes quand une vigilance est activée.

Dans l’Oisans, autour des Grandes Rousses ou du secteur des Deux Alpes, la tentation du hors-piste “à côté” des pistes revient à chaque épisode de poudreuse. Or, une plaque peut partir très loin du point de départ, et les déclenchements peuvent être provoqués par un seul skieur, voire survenir naturellement.

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Ce qui change dans une situation dite “exceptionnelle”, c’est aussi la rapidité. La neige tombe, le vent travaille, la température varie, et le manteau évolue d’heure en heure. Une pente “OK” le matin peut devenir problématique l’après-midi.

La neige tombe, mais le danger principal se joue souvent sur les pentes et les couloirs avalancheux. Crédit : Willtron.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines heures

Les autorités et les stations se calent sur une logique simple : tant que l’épisode reste actif et que le manteau n’a pas commencé à se stabiliser, la prudence maximale s’impose. La préfecture de la Savoie mentionne une fenêtre de vigilance très encadrée sur la Haute-Tarentaise, ce qui donne un ordre d’idée du calendrier et de l’intensité attendue.

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De son côté, Météo-France insiste sur le potentiel d’avalanches de grande ampleur dans ces configurations.

Sur le terrain, cela signifie concrètement : fermetures possibles qui se prolongent, secteurs interdits, déclenchements préventifs, et circulation susceptible d’être perturbée même si “le ciel se calme” temporairement. La montagne peut rester instable longtemps après la fin des chutes.

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Neige dans un paysage montagneux. Photo by hugosalabert38
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Un dilemme constant

La neige exceptionnelle dans les Alpes offre des images impressionnantes, mais elle place aussi les stations face à un dilemme constant : accueillir, ou protéger. Avec des niveaux de risque qui montent jusqu’au maximum dans certains massifs, la logique de fermeture et de restriction n’a rien d’exagéré : elle reflète une menace réelle, documentée par Météo-France et les préfectures.

Dans les prochains jours, l’enjeu sera double. Il faudra d’abord traverser le pic de danger sans accident majeur, puis gérer la phase “après-neige”, souvent la plus piégeuse, quand la poudreuse fait rêver alors que le manteau n’a pas encore retrouvé un équilibre.

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