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Emmanuel Macron au plus mal : le Président en grande difficulté

Publié par Pierre le 20 Mai 2024 à 11:18
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Emmanuel Macron
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Alors que la semaine présidentielle avait initialement débuté sur les chapeaux de roue avec le sommet Choose France à Versailles. Mais elle a rapidement pris une tournure inattendue avec l’attaque d’un fourgon pénitentiaire dans l’Eure. À cela, il faut aussi ajouter les émeutes en Nouvelle-Calédonie. Cette série d’événements a une fois de plus exposé la vulnérabilité du président face à l’insécurité.

Une thématique qui demeure son point faible. Depuis son accession à la présidence en 2017, Emmanuel Macron fait face à une série de crises sécuritaires. Ces derniers mettent en lumière une insécurité croissante en France. Mais aussi à une incapacité du Président de la République d’y faire face.

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Récemment, l’agitation en Nouvelle-Calédonie, les attaques violentes en métropole. Et les troubles dans les établissements pénitentiaires ont suscité des inquiétudes quant à la capacité de l’État à maintenir l’ordre. Cette situation complexe soulève des questions fondamentales sur les choix politiques et idéologiques du gouvernement. Mais également sur les solutions possibles pour restaurer la sécurité publique.

mohamed amra Fourgon attaqué : Et si Mohamed Amra ne s’était pas évadé ? Une autre théorie a […] Fourgon attaqué : Et si Mohamed Amra ne s’était pas évadé ? Une autre théorie avancée

L’instabilité en Nouvelle-Calédonie

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La Nouvelle-Calédonie est récemment devenue un foyer de violences intenses, contraignant Emmanuel Macron à y déclarer l’état d’urgence. Les émeutes ont éclaté après une révision controversée du Code électoral, entraînant des barricades, des incendies de bâtiments et un climat de peur parmi les résidents.

Selon les rapports, « plus de 20 bâtiments ont été incendiés et plusieurs barricades ont été érigées par les manifestants ». La situation est si critique que certains habitants, comme une famille poitevine, se sont organisés pour surveiller leurs quartiers et se défendre contre d’éventuelles attaques.

Bruno Retailleau, sénateur des Républicains, a soutenu cette mesure d’urgence, affirmant qu’elle est nécessaire pour restaurer l’ordre et affirmer la souveraineté française sur l’archipel. Selon lui, « la République doit montrer qu’elle est partout chez elle, surtout dans des territoires où les habitants ont exprimé à plusieurs reprises leur souhait de rester français ». Retailleau insiste sur le fait que le dialogue est essentiel pour résoudre la crise, mais il doit être conditionné au retour au calme et au respect de l’État de droit.

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Un État perçu comme dépassé

Mais Retailleau ne se contente pas de critiquer la situation en Nouvelle-Calédonie ; il établit un lien direct entre ces troubles et l’insécurité croissante en métropole. Il évoque notamment une perte de contrôle généralisée de l’État, à la fois dans les territoires d’outre-mer et en France métropolitaine. Cette vision est partagée par de nombreux observateurs qui voient dans la montée de la violence et de la criminalité un symptôme d’une gouvernance défaillante.

Émeutes en Nouvelle-Calédonie
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Le braquage du fourgon pénitentiaire dans l’Eure

Mais la violence extrême ne se limite pas à la Nouvelle-Calédonie. En métropole, les attaques contre les forces de l’ordre et les incidents de violence urbaine se multiplient. L’attaque récente contre un fourgon pénitentiaire dans l’Eure illustre parfaitement cette situation. Le 14 mai 2024, un commando armé a tendu une embuscade à un fourgon transportant un détenu dangereux.

L’attaque, méthodiquement planifiée, a entraîné la mort de deux surveillants de prison et en a blessé trois autres. Les assaillants ont utilisé des armes de guerre, tirant à bout portant, avant de réussir à faire évader le détenu. Ce dernier, du nom de Mohamed Amra, dit « La Mouche », est toujours en cavale.

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Ni lui, ni ses complices n’ont pour l’heure été retrouvés, ils sont tous considérés comme en cavale. Si les enquêteurs ne sont pas parvenus à identifier les assaillants, elle a toutefois classé le nom de Mohamed Amra dans les dossiers d’Interpol. En tout, 66 individus sont recherchés par la France via Interpol. Et plus de 6500 sont classés dans le monde entier via cette agence. 

Cet incident a provoqué une onde de choc à travers le pays. « L’enquête progresse », a assuré Gabriel Attal à l’Assemblée nationale, en promettant que les criminels « paieront ». Cette attaque a mis en lumière les vulnérabilités du système pénitentiaire français et la capacité des groupes criminels à défier l’État avec une audace sans précédent.

mohamed amra mere
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En 2023, on a enregistré une augmentation de 15 % des agressions contre les forces de l’ordre par rapport à l’année précédente, ce qui exacerbe la perception d’un État dépassé et incapable de protéger ses citoyens.

L’immigration et le laxisme pénal : aux origines de l’insécurité ?

Pour Retailleau et d’autres critiques de droite, la montée de l’insécurité est le résultat de choix politiques et idéologiques spécifiques. Ils accusent Emmanuel Macron et son gouvernement de fermer les yeux sur le lien entre immigration et insécurité, et de promouvoir une politique pénale laxiste. Retailleau dénonce ce qu’il appelle une « philosophie de gauche » qui considère le coupable comme une victime et qui applique une culture de l’excuse.

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Justice photo

Il cite notamment la suppression des peines planchers et le rôle du juge d’application des peines, qui a le pouvoir de réviser les peines prononcées. Selon lui, cette approche a conduit à un « désarmement pénal » qui empêche l’État de punir efficacement les délinquants et de dissuader la criminalité.

Retailleau préconise une réhabilitation de la sanction dès le plus jeune âge pour prévenir la délinquance future. « Nous ne pouvons pas continuer à tolérer que des jeunes délinquants échappent à toute forme de sanction, c’est un message désastreux pour la société ».

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Des solutions de fermeté proposées

Face à cette situation, les parlementaires ont proposé une série de mesures pour renforcer la sécurité et rétablir l’autorité de l’État. La droite plaide pour la suppression du juge d’application des peines, l’introduction de courtes peines de prison dès les premiers délits, et l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans.

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Bruno Retailleau

Elle insiste également sur la nécessité de construire plus de places de prison pour éviter que les détenus ne dorment sur des matelas par terre, une situation qui, selon lui, illustre le manque de fermeté de l’État. « Il est inacceptable que nos prisons soient dans un état de surpopulation tel que des détenus dorment par terre, cela démontre un manque flagrant de fermeté et de prévoyance », souffle un député.

En matière de lutte contre les trafics de drogue, Bruno Retailleau propose de créer une agence spécialisée sur le modèle de la DEA américaine, ainsi qu’un parquet national et des cours d’assises dédiées aux narcotrafiquants. Il souligne l’importance de frapper les trafiquants au portefeuille en gelant leurs avoirs et en menant des enquêtes sur leur patrimoine.

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Le gouvernement prône un retour à l’ordre et au dialogue

Face aux critiques, Emmanuel Macron et son gouvernement insistent sur la nécessité de restaurer l’ordre tout en reprenant le dialogue politique. En Nouvelle-Calédonie, Macron a promis une « réponse implacable » aux violences et une reprise rapide du dialogue entre les parties prenantes. Cependant, cette approche est perçue par certains comme insuffisante pour répondre aux défis sécuritaires actuels.

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Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, sont particulièrement visés par les critiques de la droite. Cette dernière les accuse de partager la responsabilité du bilan sécuritaire de Macron, qu’il qualifie de l’un des pires de la Ve République.

Il est reproché à Macron de privilégier les déclarations et les cérémonies au détriment d’actions concrètes pour combattre la violence et rétablir l’autorité de l’État« Nous avons besoin d’actes, pas de paroles. La sécurité des Français ne peut pas attendre ».

elue mort Une élue menacée de mort pour avoir demandé la fermeture d’une mosquée Une élue menacée de mort pour avoir demandé la fermeture d’une mosquée

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Une insécurité qui menace les élections

Ces questions de sécurité sont particulièrement sensibles en pleine campagne électorale pour les élections européennes. La droite et l’extrême droite exploitent cette situation pour critiquer la gestion gouvernementale et proposer leurs propres solutions de fermeté.

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, souligne que l’État, la justice et les institutions ne font plus peur aux délinquants, et plaide pour des prisons pleines malgré la surpopulation carcérale« Il faut que les délinquants sachent qu’ils seront punis sévèrement. L’impunité actuelle est inacceptable ».

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La surmédiatisation de la violence, tant en Nouvelle-Calédonie qu’en métropole, alimente un climat de peur et d’incertitude qui pourrait influencer les électeurs. Les images de violence en boucle sur les chaînes d’information et les réseaux sociaux contribuent à une perception d’insécurité généralisée, même si les statistiques montrent une baisse des meurtres sur le long terme. En 2022, le taux de criminalité violente a augmenté de 3 %, mais les meurtres ont diminué de 5 %.

La nécessité de sang-froid

Face à cette montée de la violence et aux critiques acerbes, certains experts appellent à une réponse mesurée et réfléchie. Jacques Dallest, ancien procureur de Marseille, rappelle l’importance de ne pas sombrer dans le catastrophisme. Il reconnaît que la violence accrue est préoccupante, mais insiste sur la nécessité de maintenir une perspective équilibrée et de ne pas céder à la panique« Il est crucial de ne pas réagir de manière excessive et de chercher des solutions durables ».

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Jacques Dallest

La situation en Nouvelle-Calédonie, en particulier, rappelle des événements passés sur l’île française comme ceux de 1988, où des violences similaires avaient mené à des interventions militaires et à des pertes humaines importantes. D’autres comparent les émeutes actuelles à la guerre d’Algérie, d’un point de vue géopolitique et militaire. Aujourd’hui, il est crucial d’éviter un engrenage similaire et de trouver des solutions pacifiques pour résoudre les conflits.

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L’insécurité, un combat de tous les jours

L’insécurité en France sous les mandats Macron reste un défi majeur qui nécessite une réponse globale et intégrée. Les critiques de la droite et de l’extrême droite soulignent les failles perçues dans la gestion gouvernementale, appelant à des mesures de fermeté et à une révision des politiques pénales et d’immigration.

emmanuel macron
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Cependant, il est essentiel de répondre à ces défis avec sang-froid et discernement, en équilibrant la nécessité de rétablir l’ordre avec celle de maintenir le dialogue et de trouver des solutions durables. L’avenir de la sécurité en France dépendra de la capacité du gouvernement à naviguer ces eaux tumultueuses et à restaurer la confiance des citoyens dans la capacité de l’État à les protéger.