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Opéré des sinus, il se réveille avec un œil en moins : la chirurgienne l’avait confondu avec un polype

Publié par Elsa Fanjul le 08 Avr 2026 à 7:08

Maxime, 35 ans et père de famille, s’est rendu à la clinique Paris-Bercy de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) pour une opération de routine censée durer une heure. Un simple nettoyage des sinus, rien de plus. Cinq heures plus tard, il se réveillait avec un pansement sur le visage… et un globe oculaire en moins. La chirurgienne l’aurait confondu avec un polype et l’aurait aspiré pendant l’intervention.

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Une opération de routine qui devait durer une heure

L’intervention prévue le 6 janvier dernier était ce qu’on appelle dans le jargon médical une « méatotomie moyenne endonasale du sinus maxillaire gauche ». Derrière ce nom complexe, un geste courant : agrandir l’ouverture naturelle des sinus pour les nettoyer et améliorer leur drainage. Objectif pour Maxime : en finir avec des sinusites à répétition qui lui gâchaient la vie.

Bloc opératoire préparé pour une chirurgie des sinus

L’opération s’est déroulée à la clinique Paris-Bercy, un établissement situé à Charenton-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Sur le papier, tout devait être bouclé en une heure, grand maximum. Mais Maxime est resté pas moins de cinq heures au bloc opératoire. Un délai anormalement long qui aurait dû alerter.

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« Elle a vidé mon œil comme un raisin »

Ce qui s’est passé pendant ces cinq heures dépasse l’entendement. Selon le témoignage de Maxime, recueilli dans les colonnes du Dauphiné Libéré, la chirurgienne aurait confondu son globe oculaire avec un polype nasal. « Elle croyait qu’il s’agissait d’un polype. C’était en réalité mon globe oculaire. Elle a vidé mon œil comme un raisin », raconte le trentenaire.

Dans son compte rendu opératoire, la médecin n’a jamais reconnu une quelconque erreur. Elle a évoqué une « hémorragie abondante » au niveau de l’œil qui persistait malgré « la réalisation de méchages ». Le document mentionne aussi qu’elle avait constaté la présence de polypes et souhaité les retirer, mais que les saignements affectaient sa visibilité. Ce type d’erreur sur le mauvais organe reste heureusement rarissime, mais chaque cas rappelle les limites humaines en bloc opératoire.

En conclusion de ce même compte rendu, la chirurgienne indique avoir retiré le sparadrap recouvrant l’œil de son patient et observé « une absence clinique du globe oculaire ». Une formulation clinique et froide pour décrire une réalité terrifiante : l’œil avait disparu.

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Un réveil dans le brouillard

À son réveil en salle de réveil, Maxime n’a pas immédiatement compris ce qui lui était arrivé. Les soignants avaient recouvert son œil d’un pansement. « Il y avait beaucoup de monde autour de moi. J’étais en sueur, des blocs de glace avaient été déposés sur moi. J’étais dans le gaz », se rappelle-t-il.

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Salle de réveil d'hôpital avec pansements et glace

Le trentenaire a ensuite été transféré en urgence à l’hôpital Fondation Rothschild à Paris, un établissement spécialisé en ophtalmologie. Là-bas, les chirurgiens ont fait un constat glaçant : le globe oculaire était absent et la cavité avait été comblée par des compresses. Un cas qui rappelle celui d’une patiente ayant perdu la vue après une erreur hospitalière et qui réclame aujourd’hui des millions en indemnisation.

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L’équipe de Rothschild a réalisé une greffe dermo-graisseuse, prélevant de la peau et de la graisse sur le patient pour combler la cavité. Ils en ont aussi profité pour nettoyer ses sinus et lui retirer une dent, à l’origine – a priori – de ses sinusites à répétition. « L’équipe de Rothschild m’a sauvé la vie », affirme Maxime avec gratitude.

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Réapprendre à vivre avec un seul œil

Depuis ce 6 janvier, Maxime doit tout réapprendre. La perte d’un œil ne se résume pas à une diminution du champ visuel : c’est la perception des distances, des volumes, de la profondeur qui s’effondre du jour au lendemain. Les gestes les plus simples deviennent un défi quotidien.

« Au début, j’avais du mal à viser le verre pour me verser de l’eau ou encore à appuyer sur le bon bouton de l’ascenseur », confie-t-il. Mais le père de famille s’accroche. Il a pu reprendre la conduite automobile et même la moto, signe d’une adaptation progressive à sa nouvelle réalité. C’est un conseil que certains médecins rappellent régulièrement : face au système de santé, il faut toujours poser des questions et ne rien considérer comme acquis.

Homme en moto sur une route au coucher du soleil
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Aucune haine, mais une procédure en justice

Malgré l’ampleur du préjudice, Maxime assure ne ressentir « aucune haine » envers la chirurgienne. En revanche, il se dit « déçu » qu’elle n’ait jamais reconnu son erreur. Une attitude qui l’a poussé à engager un avocat afin d’obtenir une expertise médicale contradictoire et se faire indemniser.

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La procédure pourrait prendre plusieurs formes. En cas de désaccord avec la proposition d’indemnisation, Maxime pourra saisir le tribunal judiciaire. Il a également la possibilité de porter l’affaire devant l’Ordre des médecins ou de déposer une plainte au pénal. D’autres victimes d’erreurs médicales ont déjà obtenu des sommes considérables, comme cet homme interné par erreur pendant deux ans qui a reçu 840 000 euros.

Les cas d’erreurs chirurgicales graves font régulièrement surface dans l’actualité et posent à chaque fois la question de la sécurité des patients au bloc opératoire. Des tragédies qui touchent parfois les plus vulnérables, comme ce jeune enfant décédé après un examen expéditif aux urgences.

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La clinique se défend, la chirurgienne écartée

Contactée par Le Dauphiné Libéré, la clinique Paris-Bercy a confirmé que l’accident avait été « déclaré à l’Agence régionale de santé », comme la réglementation l’exige pour tout événement indésirable grave. L’établissement a aussi tenu à préciser que c’est « la première fois que survient un accident de ce type » dans ses murs.

Détail révélateur : la chirurgienne impliquée dans l’opération ne fait désormais plus partie des effectifs de la clinique. L’établissement n’a pas précisé s’il s’agissait d’un licenciement, d’une démission ou d’une fin de contrat. Les risques liés à certaines interventions chirurgicales rappellent l’importance capitale de bien choisir son praticien et de se renseigner en amont.

Pour Maxime, le combat ne fait que commencer. Entre la rééducation, les prothèses oculaires à venir et la procédure judiciaire, ce père de famille sait que les prochains mois seront longs. Mais une chose est sûre : il refuse de se laisser abattre. Et il compte bien que justice soit rendue.

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