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Avant le 1er mars, cette vérification sur votre toit est indispensable (beaucoup l’oublient)

Publié par Killian Ravon le 06 Fév 2026 à 10:30

À l’approche du 1er mars, l’entretien des gouttières est l’un des contrôles les plus simples… et pourtant souvent remis à plus tard. Le problème, c’est que la fin de l’hiver et le début du printemps mettent les évacuations d’eau à rude épreuve. Quand ça déborde, l’eau ne “tombe” pas seulement au sol : elle ruisselle où il ne faut pas, s’infiltre, et peut finir par tacher un plafond ou gonfler un mur.

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Entretien des gouttières avant le 1er mars : un homme enlève des feuilles d’une gouttière sur un toit en tuiles, en fin d’hiver.
Un nettoyage de gouttière en fin d’hiver réduit le risque de débordement et d’infiltration lors des premières pluies de mars.

Une autre question se glisse derrière celle de la météo : l’assurances. Un sinistre “accidentel” n’est pas traité comme un dommage lié à un défaut d’entretien. Et si un expert estime que le bouchon était ancien, la discussion peut devenir nettement moins confortable.

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La mousse et les dépôts finissent par ralentir l’écoulement et favoriser les débordements. Crédit : HunterRSC.
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Le 1er mars, ce n’est pas une date magique… mais c’est un vrai tournant pour votre toiture

On associe souvent mars au retour des beaux jours. En réalité, c’est surtout le mois des alternances rapides : une averse, un soleil, puis un coup de vent, parfois du grésil ou de la grêle. Météo-France rappelle que les “giboulées”, souvent appelées giboulées de mars, sont des averses brèves où plusieurs types de précipitations peuvent se mêler, et qu’elles surviennent fréquemment entre la fin de l’hiver et le début du printemps.

Dans ce contexte, les gouttières travaillent “en saccades”. L’eau arrive d’un coup, parfois en grande quantité, et doit être évacuée sans ralentir. Dès qu’un amas de feuilles, une mousse installée, ou un dépôt de terreau bloque le passage, la gouttière cesse de jouer son rôle de rail. Elle devient une petite baignoire suspendue, avec un débordement qui n’est pas toujours visible depuis le sol.

Le point traître se situe souvent à la jonction. Là où la gouttière rejoint la descente, un simple bouchon suffit à faire remonter l’eau. Ensuite, elle déborde côté façade, ruisselle le long du mur, et peut chercher la moindre faiblesse : un enduit fissuré, un joint fatigué, un encadrement de fenêtre, ou une micro-entrée sous une tuile.

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Même avec une installation robuste, l’évacuation doit rester dégagée à l’entrée de la descente. Crédit : Janez Novak.

Entretien des gouttières : le scénario qui transforme une pluie banale en dégât des eaux

Le dégât des eaux “classique” fait penser à une fuite sous l’évier ou à un tuyau qui lâche. Pourtant, une évacuation d’eaux pluviales obstruée peut produire des effets très proches, avec des dégâts plus lents et plus sournois. L’humidité ne surgit pas toujours en flaque : elle s’installe, imbibe, puis ressort à l’intérieur en taches, odeurs, cloques ou moisissures.

Autre effet souvent sous-estimé : la stagnation au froid. Quand l’eau reste piégée dans une gouttière et que les températures repassent près de zéro, la dilatation peut fragiliser un joint ou une soudure. Le souci, c’est qu’une petite faiblesse créée en fin d’hiver peut se révéler plus tard, au premier gros épisode pluvieux.

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Ce qui rend l’entretien des gouttières si important, c’est qu’il coûte “peu” en énergie mais économise beaucoup de stress. En quelques minutes, vous évitez un enchaînement qui, lui, peut durer des semaines : recherche de fuite, déclaration, passages d’artisans, séchage, reprise des peintures, et parfois discussion avec l’assureur.

Les points de jonction et de support sont souvent ceux où l’eau finit par s’accumuler. Crédit : Janez Novak.

Assurance habitation : ce que la loi permet à l’assureur quand l’entretien n’a pas été fait

Côté assurance, il faut distinguer deux choses : la règle générale et le contrat. Le Code des assurances pose un principe : les dommages sont à la charge de l’assureur, sauf si le contrat contient une exclusion “formelle et limitée”. C’est précisément ce que dit l’article L.113-1.

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En clair, une compagnie peut prévoir des exclusions, mais elles doivent être rédigées de façon précise. La Cour de cassation rappelle d’ailleurs régulièrement qu’une exclusion qui nécessite interprétation peut ne pas être considérée comme “formelle et limitée”.

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Là où ça se complique, c’est sur la notion de défaut d’entretien. Beaucoup de contrats multirisques habitation couvrent les dégâts des eaux “accidentels”, mais peuvent exclure ou limiter la prise en charge si l’assuré a laissé la situation se dégrader. La Médiation de l’Assurance explique justement comment fonctionnent ces exclusions et à quelles conditions elles sont valables.

Dans un dossier lié à des gouttières, l’expertise peut donc compter. Si l’expert identifie des indices d’engorgement ancien, l’assureur pourra soutenir que le sinistre n’est pas “fortuit” au sens habituel, mais la conséquence d’un manque d’entretien. Il ne s’agit pas de dire que tout sera automatiquement refusé, mais de comprendre que vous vous placez sur un terrain de débat.

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Locataire, propriétaire, copropriété : qui doit s’occuper du dégorgement ?

La question revient chaque année, surtout en location : “C’est à qui de le faire ?” Le décret n°87-712 sur les réparations locatives est très clair sur un point précis : dans la liste des réparations ayant le caractère de réparations locatives, il est mentionné, pour les descentes d’eaux pluviales, chéneaux et gouttières, le “dégorgement des conduits”.

Autrement dit, l’entretien courant (dont le dégorgement) relève en principe du locataire, dès lors qu’il a l’usage du logement. En face, les grosses réparations, les remplacements complets, ou un élément défectueux par vétusté relèvent plutôt du propriétaire. Et en copropriété, les gouttières peuvent faire partie des parties communes : le syndic gère, mais il faut signaler vite quand un débordement apparaît, pour éviter l’aggravation.

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Même quand la responsabilité n’est pas “chez vous”, votre réactivité compte. Un mail au propriétaire, un signalement au syndic, une photo datée : ce sont des réflexes simples qui peuvent éviter qu’on vous reproche d’avoir laissé traîner une anomalie évidente.

Une gouttière bien fixée et bien alignée limite les zones de stagnation. Crédit : Ethoseo.

Le contrôle “express” à faire avant mars, sans transformer ça en chantier

Inutile de monter sur le toit pour repérer les signaux les plus évidents. Depuis le sol, un zoom de smartphone ou une paire de jumelles suffit souvent à repérer une végétation qui dépasse, une ligne de gouttière qui se déforme, ou des traces noires de ruissellement sur la façade. Quand l’eau déborde, elle laisse souvent une signature.

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Si l’accès est facile et sécurisé, le nettoyage reste la solution la plus directe. En revanche, la hauteur ne pardonne pas : une échelle mal posée et la journée bascule. Le bon réflexe consiste à choisir un moment sec, sans vent, et à ne jamais intervenir seul si vous devez grimper.

Pour ceux qui préfèrent éviter l’échelle, des solutions existent avec des outils télescopiques, brosses et grattoirs conçus pour travailler depuis le sol. Gardena, par exemple, décrit des méthodes et outils permettant de nettoyer des gouttières en hauteur tout en limitant la prise de risque.

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La petite pièce qui change tout : la crapaudine, là où les feuilles se coincent

Beaucoup de bouchons se forment au même endroit : l’entrée de la descente. C’est logique, puisque c’est le goulot d’étranglement du système. Une crapaudine, posée à cet endroit, agit comme un filtre : elle retient les feuilles et laisse passer l’eau.

Ce n’est pas un gadget “miracle”, mais c’est une barrière utile. Le vrai intérêt, c’est qu’elle rend l’entretien plus simple : au lieu de curer tout le conduit, vous retirez régulièrement les débris accumulés au point d’entrée. Et quand une maison est entourée d’arbres, la différence se voit vite.

L’installation doit rester compatible avec votre installation, et elle n’efface pas la nécessité de vérifier l’écoulement. Cela dit, en prévention, c’est l’un des gestes les plus rentables, parce qu’il coupe court à l’obstruction la plus fréquente.

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Maison en rodin de bois.

Conclusion : l’entretien des gouttières, le “petit check” qui évite le grand bazar

Le plus trompeur avec une gouttière bouchée, c’est que le problème peut rester invisible pendant des semaines. Puis un épisode de giboulées arrive, l’eau déborde, et vous découvrez la conséquence à l’intérieur, parfois trop tard. En faisant l’entretien des gouttières avant le 1er mars, vous vous alignez simplement avec la période où la toiture est la plus sollicitée.

Au passage, vous réduisez aussi les zones grises côté assurance. Avec un nettoyage récent, une photo datée, ou une facture si vous passez par un pro, vous évitez qu’on vous reproche un défaut d’entretien évident. Et ça, dans un sinistre, peut peser très lourd.

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