Sa maison squattée, elle monte sur un poteau au-dessus des voies du RER D pour se suicider
Lundi, une mère de famille s’est hissée sur un poteau surplombant les voies du RER D, à la gare de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. La raison de son geste désespéré : sa maison était occupée par des squatteurs, les procédures judiciaires n’aboutissaient pas, et elle se retrouvait à la rue avec ses enfants. Il aura fallu l’intervention d’un automobiliste, puis de la maire en personne, pour dénouer la situation.
Une propriétaire contrainte d’appeler le 115 pour dormir
L’histoire, rapportée par Le Parisien, commence bien avant ce lundi de désespoir. Cette femme est propriétaire d’une maison à Villeneuve-Saint-Georges. Mais depuis que des occupants se sont installés illégalement dans son bien, elle n’a plus de toit.
Pour ne pas dormir dehors avec ses enfants, elle devait régulièrement contacter le 115, le numéro d’urgence pour les sans-abri. Une propriétaire qui appelle le Samu social pour trouver un hébergement : la situation résume à elle seule l’impasse dans laquelle se trouvent certains propriétaires face aux squatteurs.
Elle avait pourtant engagé des procédures judiciaires pour récupérer son logement. Mais aucune n’avait abouti. Ce cas rappelle celui de Georgette, 78 ans, dont le logement est squatté depuis vingt ans sans que la justice ne parvienne à trancher durablement.
« La justice ne fait rien ! » : le cri de détresse sur les rails
À bout, la femme s’est rendue lundi à la gare de Villeneuve-Saint-Georges. Elle s’est hissée sur un poteau qui surplombe les voies du RER D, menaçant de sauter. « La justice ne fait rien ! Rien n’avance ! », a-t-elle crié depuis son perchoir.

La circulation du RER D a été immédiatement interrompue. Le trafic sur la Nationale 6, qui passe à proximité, a également été coupé. La scène a provoqué un attroupement et une vive émotion parmi les témoins présents sur place.
Ce genre de geste désespéré de propriétaires dépossédés n’est malheureusement pas isolé. En 2025, un homme avait détruit sa propre maison pour déloger des occupants illégaux, risquant lui-même la prison. D’autres ont choisi des méthodes atypiques pour faire fuir les intrus.
Un automobiliste s’arrête et lui propose un logement
Alors que la situation semblait bloquée, un automobiliste de passage a décidé d’intervenir. Il s’est approché de la femme et a tenté de la raisonner. « J’ai tenté de la rassurer sur le fait qu’on trouverait une solution », a-t-il expliqué.
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Il est même allé plus loin : il lui a proposé l’un des appartements qu’il possède pour l’héberger, elle et ses enfants. Un geste de solidarité spontané, mais qui n’a pas suffi à calmer la détresse de cette mère de famille. Elle avait une exigence précise : voir la maire de Villeneuve-Saint-Georges en personne.
Le drame des propriétaires dépossédés de leur bien touche un nombre croissant de Français. Certains finissent par perdre bien plus que leur logement. Sylviane, 66 ans, est décédée sur une place de marché après avoir été expulsée de chez elle.
La maire se déplace avec un mégaphone
Prévenue de la situation, la maire LR de Villeneuve-Saint-Georges, Kristell Niasme, s’est rendue sur place. Mégaphone en main, elle s’est adressée directement à la femme perchée au-dessus des voies.
« Je ne vais pas vous lâcher, on va vous sortir de là. Quand je m’engage à faire quelque chose, je le fais ! », a lancé l’élue. Des mots qui ont visiblement pesé dans la balance. La femme a finalement accepté de descendre, aidée par les pompiers mobilisés sur les lieux.

La réactivité de l’élue tranche avec la lenteur des procédures judiciaires dénoncée par la propriétaire. La loi anti-squat, votée pour accélérer les expulsions, est pourtant régulièrement critiquée pour son manque d’efficacité sur le terrain.
Les squatteurs quittent les lieux dans la foulée
Une fois la femme redescendue et en sécurité, les choses se sont accélérées. La police municipale, accompagnée de médiateurs de la commune, s’est immédiatement rendue à la maison occupée pour discuter avec les squatteurs.
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Face aux agents, les occupants ont d’abord affirmé être locataires du logement. Mais confrontés à la situation et à la pression, ils ont finalement préféré quitter les lieux d’eux-mêmes, sans qu’il soit nécessaire de recourir à la force.
La propriétaire a pu se réinstaller le soir même dans sa maison avec ses enfants. Un dénouement qui contraste avec d’autres affaires similaires, comme celle de cette villa squattée dans le sud, où les occupants avaient tenté de mettre le bien en vente et réclamé 15 000 euros pour partir.
Un problème qui dépasse ce cas isolé
Au-delà du dénouement heureux, cette affaire illustre une réalité que vivent des milliers de propriétaires en France. Les procédures judiciaires pour récupérer un bien squatté peuvent durer des mois, voire des années. Pendant ce temps, le propriétaire se retrouve parfois sans logement, sans revenu locatif, et sans solution concrète.
Certains propriétaires ont tenté de récupérer leur maison par des moyens peu conventionnels, allant jusqu’à s’enchaîner dans leur propre logement occupé par des mauvais payeurs. D’autres ont vu la justice se retourner contre eux, comme cette propriétaire girondine placée en garde à vue après que le squatteur de sa maison ait porté plainte.
En Gironde toujours, un propriétaire a découvert 50 000 euros de cocaïne dans une armoire fermée à clé de sa maison squattée. Un cas qui montre l’ampleur des situations auxquelles sont confrontés ceux qui perdent le contrôle de leur bien.
La question du logement reste un sujet brûlant en France, entre la difficulté d’accès pour les jeunes générations — la génération Z peine à se loger — et la précarité croissante des propriétaires face à des situations d’occupation illégale que la justice peine à résoudre rapidement. Pour cette mère de famille du Val-de-Marne, le cauchemar a pris fin en quelques heures. Mais il aura fallu un acte désespéré au-dessus des voies du RER pour que les choses bougent enfin.
