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Fromage et démence : cette étude relance le débat sur son effet protecteur inattendu

Publié par Killian Ravon le 18 Fév 2026 à 13:30

La démence progresse partout dans le monde, portée par le vieillissement. Dans ce contexte, une grande étude japonaise s’est penchée sur un geste très simple. Manger du fromage au moins une fois par semaine.

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Une personne âgée prépare une petite assiette de fromage dans une cuisine lumineuse, illustration d’une consommation modérée potentiellement associée à un risque de démence plus faible.
Illustration photoréaliste : une portion de fromage intégrée à une alimentation équilibrée, dans l’esprit des travaux évoquant un possible effet protecteur (sans promesse de “remède”).

Résultat : chez des personnes âgées vivant à domicile, cette habitude est associée à un risque un peu plus faible de démence, sans pour autant promettre de miracle, ni de prévenir totalement le déclin cognitif.

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Le Japon, confronté à un vieillissement accéléré, est un terrain clé pour étudier la prévention de la démence. Crédit : Corpse Reviver.
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Un enjeu mondial, et un pays en première ligne

La démence est devenue un sujet de santé publique massif. L’Organisation mondiale de la santé rappelle qu’en 2021. Environ 57 millions de personnes vivaient avec une démence dans le monde. Et que le nombre devrait fortement augmenter dans les décennies à venir.

Le Japon illustre ce défi à grande échelle. Le pays compte l’une des populations les plus âgées au monde. Et observe déjà une forte prévalence de la démence chez les plus de 65 ans. C’est précisément dans ce contexte que des chercheurs japonais ont voulu regarder si certains facteurs du quotidien. Notamment l’alimentation, pouvaient être liés au risque de développer une démence.

L’étude JAGES suit des personnes âgées vivant à domicile, avant toute certification de dépendance. Crédit : Thomas E. Smith.
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Une cohorte de près de 8 000 persontrois ans

L’étude, publiée fin octobre 2025 dans la revue Nutrients, s’appuie sur les données du programme JAGES (Japan Gerontological Evaluation Study). Les chercheurs ont analysé un groupe de personnes âgées de 65 ans ou plus, vivant à domicile. Sans certification préalable de dépendance au démarrage du suivi.

Au total, 7 914 participants ont été ide statistique destinée à limiter les biais de comparaison (propensity score matching). Concrètement, cela permet de constituer deux groupes “comparables”. Sur des critères comme l’âge, le sexe, les revenus, l’éducation, l’état de santé déclaré, l’autonomie au quotidien. Et la présence de plaintes de mémoire.

D’un côté, les “consommateurs” déclarae au moins une fois par semaine. De l’autre, les “non-consommateurs” indiquaient ne pas en consommer. Pendant trois ans, les chercheurs ont ensuite repéré les nouveaux cas de démence via le système japonais de certification de l’assurance dépendance (LTCI), souvent utilisé dans les études populationnelles au Japon.

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Une consommation hebdomadaire de fromage est associée à un risque légèrement plus faible de démence dans une cohorte japonaise. Crédit : Dorina Andress.

Le signal statistique : un risque r un effet “modeste”

Les chiffres, pris tels quels, donnent une différence visible mais pas spectaculaire. Sur la période de suivi, 134 personnes (3,39 %) ont développé une démence dans le groupe “fromage”, contre 176 (4,45 %) dans le groupe “sans fromage”.

Dit autrement, l’écart absolu est d’enourcentage, soit approximativement 10,6 cas de démence en moins pour 1 000 personnes sur trois ans dans le groupe qui consomme du fromage. Les auteurs rapportent aussi une association statistique avec un risque plus faible, mesuré via un modèle de Cox (HR ≈ 0,76 avant ajustements alimentaires).

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Un détail important apparaît quand l’ée sur des marqueurs d’alimentation globale (fruits/légumes, viande/poisson). L’association reste significative mais s’atténue légèrement (HR ≈ 0,79), ce qui suggère que le fromage n’est peut-être pas “seul” en cause.

Pourquoi le fromage pourrait “collele

Les chercheurs restent prudents : leur étude n’explore pas les mécanismes biologiques directement. En revanche, ils rappellent des pistes plausibles, déjà discutées dans la littérature scientifique.

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Le fromage apporte des protéines, des acides aminés, ainsi que certaines vitamines liposolubles. La vitamine K2, souvent associée aux produits fermentés, est régulièrement citée pour ses liens avec la santé vasculaire et le métabolisme du calcium, deux thèmes qui intéressent la prévention du déclin cognitif.

Autre élément évoqué : la fermentationontiennent des peptides bioactifs et, parfois, des micro-organismes pouvant agir sur l’inflammation ou le stress oxydatif. Ces voies reviennent souvent dans les discussions sur le vieillissement cérébral.

Enfin, l’axe intestin-cerveau est deverecherche. Même si cette étude n’évalue pas le microbiote, l’idée qu’une partie des effets potentiels de l’alimentation passe par l’intestin n’est plus marginale dans la littérature.

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Les chercheurs observent un effet “modeste” et rappellent que la prévention passe surtout par l’ensemble du mode de vie. Crédit : Tim Reckmann.

Un point qui change la lecture : au Japon, le fromage reste peu consommé

C’est l’un des aspects les plus intéressants du papier. Les auteurs soulignent que le Japon part d’un niveau de consommation de fromage relativement bas comparé à de nombreux pays occidentaux. Dans ce cadre, “passer” de zéro à une portion hebdomadaire peut représenter une vraie différence d’habitudes, et pas seulement un détail.

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Autre nuance : la majorité des particirtout du fromage transformé (plus de 80 %), tandis que les fromages à moisissures blanches représentaient une part bien plus faible. Or, si l’on raisonne “fermentation” et probiotiques, ce profil de consommation complique l’explication simple.

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Ce point pousse à une hypothèse plus t du fromage, ici, pourrait aussi être le marqueur d’un mode de vie et de longévité un peu différent. L’étude note d’ailleurs que les consommateurs avaient plus souvent des apports réguliers en fruits et légumes, ainsi qu’en viande ou poisson.

La démence regroupe plusieurs pathologies, dont Alzheimer, et les chercheurs appellent à des études plus détaillées. Crédit : Garrondo.

Les limites à garder en tête avant d’en faire une “recette” anti-démence

Le résultat est intrigant, mais il ne permet pas de conclure à une relation de cause à effet. D’abord, la consommation de fromage est mesurée une seule fois au départ, sans quantités précises ni suivi des changements dans le temps.

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Ensuite, la détection de la démence padministratives (LTCI) plutôt que par un diagnostic clinique détaillé. Cela aide pour le suivi à grande échelle, mais limite la finesse : les sous-types de démence ne sont pas distingués, et la date administrative ne correspond pas forcément au début réel des symptômes, un signe que pourrait prédire Alzheimer bien avant.

Un autre point, plus sensible, concernques. L’étude ne dispose pas d’informations sur des marqueurs comme l’APOE ε4, souvent mentionné dans la maladie d’Alzheimer. Il peut donc rester des facteurs non mesurés qui influencent les résultats.

Enfin, le papier mentionne un contexte conflits d’intérêts à lire attentivement : l’étude s’inscrit dans un programme lié à l’industrie laitière, et deux auteurs sont employés d’une entreprise du secteur (Meiji). Les auteurs indiquent toutefois que le sponsor n’a pas eu de rôle dans l’exécution, l’analyse ou l’interprétation des données.

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Ce que ça change, concrètement, pour votre assiette

isolément, ce travail ne dit pas “mangez du fromage pour éviter la démence”. Il ajoute plutôt une pièce au puzzle : certains choix alimentaires, même modestes, peuvent être associés à un risque légèrement différent à l’échelle d’une population. Comme une experte affirme qu’on peut l’éviter grâce à des changements de mode de vie.

Les grands repères de prévention, eux, restent plus larges. L’OMS insiste sur des facteurs de risque modifiables et sur l’importance d’agir sur le long terme (activité physique, prévention cardiovasculaire, réduction du tabac, etc.).

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Même logique du côté de la Commission Lancet, qui synthétise régulièrement les connaissances et estime qu’une part importante des cas pourrait être retardée ou évitée en agissant sur plusieurs facteurs tout au long de la vie, dont l’audition, la vision, la tension artérielle, l’activité physique ou l’isolement social. La consommation d’un simple légume violet pourrait aussi jouer un rôle.

Dans ce cadre, le fromage peut se lire comme un element possible d’un ensemble plus cohérent. Une portion hebdomadaire, dans une alimentation équilibrée, n’a pas le même sens qu’une consommation très élevée associée à trop de sel, de graisses saturées, ou à des produits ultra-transformés. L’étude, d’ailleurs, ne cherche pas à défendre des excès : elle décrit un effet modeste, dans une consommation majoritairement “1 à 2 fois par semaine”.

Il ne faut pas s’emballer

Cette étude japonaise ne transforme pas le fromage en bouclier anti-démence. En revanche, elle met en lumière une association statistique intéressante, observée dans seniors suivis pendant trois ans, dans un pays où cet aliment reste peu consommé.

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Le message le plus solide reste celui de la prévention “multifactorielle” : bouger, protéger son cœur, garder du lien social, surveiller audition et vision, et adopter une alimentatalité. Si le fromage a un rôle, il semble se jouer à petite dose, et surtout dans un tableau plus large que la simple assiette.

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