8 millions de Français souffrent d’un foie gras : le symptôme numéro 1 à connaître
La maladie du foie gras (aussi appelée stéatose hépatique métabolique) progresse en silence. En France, environ un adulte sur cinq serait concerné, selon la Société nationale française de gastro-entérologie, qui alerte sur l’ampleur du phénomène. Certains signes discrets peuvent pourtant vous mettre sur la piste.
Ce qui rend la situation piégeuse, c’est que le foie peut se charger en graisse sans faire mal. Pourtant, chez une partie des patients, cette stéatose déclenche une inflammation (désormais appelée MASH, nouveau nom de la NASH) et peut évoluer vers une fibrose, puis une cirrhose, voire un cancer du foie.
Un “foie gras” qui n’a rien d’un simple excès
Derrière l’expression un peu trompeuse, il ne s’agit pas d’un organe “juste un peu trop riche”. La maladie se situe sur un spectre : accumulation de graisse, inflammation, puis cicatrisation progressive. Plus la fibrose s’installe, plus le risque hépatique augmente, et plus le suivi médical devient crucial.
Depuis quelques années, la terminologie évolue aussi. Le terme MASLD remplace progressivement NAFLD, pour insister sur le rôle central des facteurs métaboliques, et MASH remplace NASH pour la forme inflammatoire. Ce changement n’est pas cosmétique : il reflète une meilleure compréhension du lien avec le surpoids abdominal, le diabète de type 2, la dyslipidémie ou l’hypertension.
Dans la vraie vie, beaucoup de personnes découvrent le problème “par hasard”, lors d’une échographie ou d’une prise de sang. Le souci, c’est que ce dépistage tardif arrive parfois quand la fibrose est déjà avancée.
Le carburant en trop : sucre, ultra-transformés et sédentarité
Quand on parle de maladie du foie gras, l’erreur classique consiste à croire que “tout vient du gras”. En réalité, les recommandations et la littérature médicale pointent fortement le rôle de l’excès calorique global, de la sédentarité, et surtout des sucres ajoutés, dont le fructose, très présent dans certains produits ultra-transformés.
Les experts européens recommandent d’ailleurs explicitement d’améliorer la qualité de l’alimentation et de surveiller l’huile utilisée pour la cuisson afin d’améliorer les atteintes hépatiques évaluées par imagerie ou histologie.
Le tableau est bien connu : le corps reçoit plus d’énergie qu’il n’en dépense, le stockage s’installe, et le foie devient l’un des lieux où cette surcharge se traduit. À cela s’ajoutent des facteurs qui se renforcent entre eux, comme l’insulino-résistance et le syndrome métabolique, fréquents quand la graisse s’accumule au niveau abdominal.
Le symptôme n°1 : ce n’est pas la fatigue
La fatigue revient souvent dans les témoignages. Le problème, c’est qu’elle peut être liée à mille causes, du sommeil au stress, en passant par un manque d’activité physique. Difficile d’en faire un signal fiable, surtout si l’on veut agir tôt.
Le signe le plus parlant, en pratique, est souvent beaucoup plus simple : l’augmentation du tour de taille. Autrement dit, la montée de la graisse viscérale, celle qui se loge “au cœur” de l’abdomen, et qui est étroitement associée au risque cardiométabolique. Vos réveils nocturnes peuvent également être un indicateur de la santé de votre foie.
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Des repères sont fréquemment utilisés : un périmètre abdominal supérieur à 80 cm chez la femme et 94 cm chez l’homme est un seuil couramment cité dans les critères du syndrome métabolique. Ce n’est pas un diagnostic de foie gras à lui seul, mais c’est un marqueur de risque qui doit pousser à en parler à son médecin. L’absence de symptômes ne veut donc pas dire absence de problème.
Quand consulter (et quoi demander)
Si le tour de taille grimpe, surtout avec d’autres signaux comme un surpoids, une glycémie qui se dégrade, une hypertension ou un cholestérol élevé, une consultation est pertinente. Le médecin pourra évaluer le risque et décider des examens utiles, sans tomber dans la surenchère.
Dans les démarches actuelles, les sociétés savantes insistent sur l’intérêt de scores simples, comme le FIB-4, pour repérer les personnes qui ont le plus de risque de fibrose et qui doivent être explorées davantage. Une échographie ou un FibroScan peut ensuite compléter selon les cas.
La bonne nouvelle : la maladie du foie gras est souvent réversible
Il y a un point rassurant : à un stade précoce, la stéatose peut régresser. Les recommandations mettent en avant la perte de poids et l’activité physique, avec un objectif clair : 7 à 10 % de perte de poids est souvent associé à une réduction de l’inflammation, et des pertes plus importantes peuvent aider sur la fibrose selon les profils.
Le cœur de la stratégie n’est pas un “régime miracle”. On parle plutôt de mesures concrètes sur votre nutrition : réduire les sucres ajoutés, limiter l’alcool, et retrouver une activité régulière. L’Assurance Maladie rappelle aussi que ces changements d’habitudes sont essentiels pour ralentir l’évolution de la stéatose.
Des habitudes saines pour un foie en pleine forme
Enfin, le sujet dépasse le foie. Quand la graisse abdominale augmente, le risque cardiovasculaire et le risque de diabète montent souvent en parallèle. Agir tôt, c’est donc aussi protéger son cœur, ses vaisseaux et son métabolisme, pas seulement un organe isolé.
Surveillez les premiers signes de la maladie
La maladie du foie gras n’est pas rare, elle n’est pas forcément bruyante, et elle peut pourtant devenir grave si l’inflammation et la fibrose s’installent. Plutôt que d’attendre un examen “par hasard”, un réflexe simple peut aider : surveiller l’évolution du tour de taille, surtout en présence de facteurs métaboliques. Si le mètre ruban s’affole, inutile de paniquer, mais il est utile de consulter un professionnel de santé.
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