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Impôts : le paiement par chèque, c’est fini

Publié par Killian Ravon le 10 Fév 2026 à 14:24

Le paiement des impôts par chèque vit ses derniers mois pour les particuliers. Un amendement intégré au budget 2026 met déjà fin à ce mode de règlement pour les professionnels, avec une application annoncée dès le printemps.

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Paiement des impôts : un contribuable range un chèque tandis que le site impots.gouv.fr est affiché sur un ordinateur.
Le chèque disparaît progressivement pour le paiement des impôts, au profit des règlements en ligne et des prélèvements.

Un virement “inattendu” du fisc arrive parfois mi-janvier, mais pour les ménages, l’administration vise une interdiction complète à l’été 2027, le temps d’accompagner la bascule vers des moyens dématérialisés.

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Bercy, où sont pilotées les grandes décisions fiscales et budgétaires. Crédit : Fred Romero.
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Une décision budgétaire qui accélère un mouvement déjà enclenché

La disparition du chèque au Trésor public n’est pas une surprise totale, mais le calendrier se resserre nettement. Selon Le Monde, un article du budget 2026 adopté le 2 février supprime le recouvrement par chèque pour les derniers impôts des professionnels qui l’autorisaient encore, avec une mise en œuvre attendue dès la promulgation de la loi de finances, « sans doute fin février ».

Dans les faits, l’administration fiscale ne part pas de zéro. Depuis plusieurs années, elle pousse les contribuables vers le paiement en ligne, le prélèvement à l’échéance ou la mensualisation. Le site officiel impots.gouv.fr rappelle d’ailleurs qu’au-delà de 300 €, le règlement doit se faire en ligne, et que le chèque n’est envisagé que sous ce seuil, parmi d’autres solutions.

Ce changement de règle marque néanmoins un cap : le chèque ne devient plus un « moyen alternatif » toléré, mais une option appelée à disparaître. Le Monde cite Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques, qui explique que les entreprises étaient déjà « rares » à payer par chèque, mais que la mesure « envoie un signal ».

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Le chèque, autrefois central, devient marginal dans les paiements du quotidien. Crédit : ContributorQ.

Paiement des impôts par chèque : ce qui change pour les particuliers d’ici 2027

Le calendrier annoncé prévoit une transition progressive pour les ménages, avant une interdiction définitive à l’été 2027. L’objectif est clair : faire évoluer les habitudes avant que la machine industrielle de traitement ne s’arrête. Le Monde évoque une extinction quasi totale visée ensuite, avec une trajectoire allant jusqu’à 2028 dans des documents internes, mais l’échéance de 2027 est désormais celle qui sert de repère public.

Pourquoi cette date revient-elle avec insistance ? Parce qu’elle correspond à une réorganisation concrète des services. Toujours selon Le Monde, Bercy prévoit la fermeture du dernier centre de traitement des chèques, situé à Rennes, à l’horizon 2027.

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Ce point est loin d’être anecdotique : sans centre, il n’y a plus d’encaissement « à grande échelle ». Dans une prise de position syndicale, Solidaires Finances Publiques alerte sur le risque d’exclusion d’une partie des usagers et décrit une accélération du calendrier, avec la fermeture des derniers centres industriels de traitement.

Derrière la mécanique administrative, un sujet plus sensible apparaît. La dématérialisation est souvent vécue comme une simplification par ceux qui utilisent déjà l’application, le prélèvement ou le paiement en ligne. Pour d’autres, elle ressemble plutôt à une porte qui se ferme : personnes âgées, publics éloignés du numérique, ou foyers qui n’ont pas d’accès stable à Internet.

Carte, virement et prélèvement remplacent progressivement le chèque au Trésor public. Crédit : Bpierreb.
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Des formulaires qui changent avant l’interdiction

La méthode retenue n’est pas celle d’une coupure brutale du jour au lendemain pour les particuliers. L’administration compte progressivement retirer la référence au chèque sur les avis et supports de paiement, afin d’orienter vers d’autres moyens. Cette stratégie, mentionnée dans plusieurs reprises presse du dossier, vise à « habituer » avant de rendre impossible.

En parallèle, les options encouragées sont déjà celles que beaucoup utilisent : paiement en ligne, prélèvement mensuel, prélèvement à l’échéance. Pour les petits montants, il existe aussi des paiements de proximité chez des buralistes partenaires, notamment en espèces ou par carte, même si cette solution ne couvre pas tous les cas.

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Pourquoi l’État veut tourner la page du chèque

Le chèque est devenu minoritaire dans les usages de paiement en France, tout en restant un symbole. MoneyVox, en s’appuyant sur la Banque de France, rappelle qu’il ne représente plus qu’environ 2 % des paiements (hors espèces) et que « l’exception française » s’effrite.

Du côté de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rattaché à la Banque de France, le mouvement de fond se lit aussi dans les chiffres : le rapport 2024 met en avant la domination de la carte et la baisse des montants des transactions par chèque par rapport à l’année précédente.

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À l’échelle du fisc, l’argument n’est pas seulement culturel, il est aussi opérationnel. Traiter des chèques coûte cher : logistique, tri, encaissement, contrôles, délais, et gestion des incidents. Le Monde souligne aussi les sujets de fraude et de sécurité, qui pèsent dans la décision, alors même que l’administration cherche des circuits plus rapides et plus traçables.

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Un autre détail éclaire la logique : depuis 2019, le paiement dématérialisé est la règle au-delà d’un certain seuil, ce qui a déjà réduit mécaniquement le volume de chèques. Le site impots.gouv.fr confirme aujourd’hui le seuil de 300 € pour basculer vers le paiement en ligne.

Rennes, où se situe le dernier centre de traitement des chèques mentionné par Bercy. Crédit : Auteur anonyme.

Le point de friction : l’inclusion, pas seulement la technologie

Sur le papier, tout semble simple : on remplace un moyen de paiement lent par des solutions instantanées. Dans la vraie vie, la transition ne touche pas tout le monde de la même façon. Les syndicats de la DGFiP insistent sur la difficulté pour des usagers « défavorisés, âgés, peu à l’aise avec l’informatique ou n’y ayant pas accès », et redoutent une administration moins accessible au moment même où les guichets ont déjà reculé.

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Le sujet est aussi territorial. Fermer le dernier centre de traitement à Rennes, c’est déplacer la contrainte : l’encaissement industriel disparaît, mais les chèques « résiduels » risquent de finir en traitement manuel dans des services locaux déjà sous tension, selon des communications syndicales.

Reste une question très concrète : que fera l’administration quand des contribuables enverront malgré tout un chèque, par habitude, ou parce qu’ils n’ont pas d’autre option ? À ce stade, la doctrine détaillée n’est pas toujours publique. On peut néanmoins anticiper une généralisation des rejets et des demandes de régularisation, avec un risque de retard de paiement et de majorations si la transition est mal comprise.

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Les alternatives qui montent (et leurs limites)

Le paiement en ligne et le prélèvement sont aujourd’hui les piliers, mais tout le monde ne veut pas ou ne peut pas les utiliser. Les paiements de proximité chez des partenaires agréés peuvent dépanner, mais ils supposent un déplacement, des horaires et parfois une bonne compréhension des références à présenter.

Même le numérique n’est pas toujours rassurant. Beaucoup d’arnaques exploitent justement le réflexe « administratif » (faux mails, faux SMS, faux conseillers). Fin des distributeurs de billets ou évolution de ce que le fisc peut voir sur vos comptes, la vigilance reste indispensable, quel que soit le moyen de paiement.

Dans ce contexte, la disparition du chèque peut être vécue comme une modernisation… ou comme la perte d’un dernier outil « simple » pour ceux qui se méfient du tout-digital. C’est là que l’accompagnement devient la clé : information lisible sur les avis, relais en centre des finances publiques, et solutions de repli réellement accessibles.

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Main en train de signer un chèque. Photo by 5317367

Un enjeu d’importance dans le contexte actuel

La fin du chèque au Trésor public n’est plus une hypothèse : elle s’inscrit désormais dans un calendrier politique et administratif. Les professionnels basculent en premier, dès le printemps 2026 après promulgation de la loi de finances, tandis que les particuliers ont jusqu’à l’été 2027 avant que le paiement des impôts par chèque devienne impossible.

Pour Bercy, l’enjeu est double : réduire des coûts et sécuriser les encaissements, tout en évitant de laisser sur le bord de la route ceux qui n’ont pas le réflexe numérique. Les prochains mois diront si la transition s’accompagne d’un vrai « mode d’emploi » pour tous, ou si elle ouvre un nouveau front d’incompréhensions au moment de payer.

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