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« J’étais face à un animal » : une ancienne Miss accuse Patrick Bruel après une soirée aux Molières

Publié par Cassandre le 09 Mai 2026 à 10:23

Le dossier Patrick Bruel prend une tournure de plus en plus lourde. Après les premières révélations de Mediapart, une ancienne candidate à l’élection de Miss France sort du silence. Son récit, détaillé et glaçant par sa banalité apparente, s’ajoute à une trentaine de témoignages qui dessinent un mode opératoire que plusieurs femmes décrivent avec des mots troublants de similitude.

Patrick Bruel tenant un microphone sur scène, visage en gros plan sous un éclairage orangé

Elle avait 20 ans, lui 48 : la rencontre en coulisses de Miss France

Décembre 2007. Florima Treiber participe à l’élection de Miss France. Elle a 20 ans, des ambitions dans le mannequinat et l’énergie de celles qui croient que chaque rencontre peut changer une carrière. En coulisses, Patrick Bruel — 48 ans à l’époque — note ses coordonnées. La jeune femme n’y voit rien d’anormal.

« Je voulais percer dans le mannequinat, je me suis dit : c’est génial, il a vu mon potentiel sur scène, il croit en moi », confie-t-elle à Mediapart. Pour elle, c’est un contact professionnel. Un tremplin potentiel. Rien de plus. Ce genre de scènes en coulisses de Miss France n’a rien d’exceptionnel. Des personnalités côtoient les candidates, échangent des cartes, promettent parfois des coups de pouce.

Sauf que le coup de fil ne viendra pas pour parler book photo ou casting. Il viendra des mois plus tard, après une tout autre soirée. Et la conversation qu’espérait Florima Treiber ne ressemblera en rien à celle qu’elle avait imaginée.

Après les Molières, l’invitation qui bascule

L’année suivante, Florima Treiber se retrouve à la cérémonie des Molières. Soirée prestigieuse, robes longues, projecteurs. Patrick Bruel est là aussi. Il lui propose de venir prendre un verre chez lui après l’événement. Elle accepte, persuadée qu’il s’agit enfin de cette fameuse discussion sur sa carrière.

Chambre d'appartement parisien la nuit avec coupe de champagne intacte sur table de nuit

Le contraste entre le faste de la soirée et ce qui suit est brutal. « J’attends une discussion professionnelle, artistique, mais on arrive dans la chambre et il s’assoit sur son lit, en me faisant signe de faire pareil », raconte-t-elle. L’ambiance change instantanément. L’ancienne Miss refuse une coupe de champagne — un réflexe de méfiance qui, au vu des témoignages d’autres plaignantes, prend aujourd’hui une résonance particulière.

Car dans cette affaire, plusieurs femmes décrivent des pertes de mémoire après avoir accepté une boisson. Florima Treiber, elle, n’a rien bu. Mais ce qui arrive ensuite ne nécessitera pas de substance pour la marquer durablement.

« Il m’a sauté dessus » : le récit de la sidération

Tout s’enchaîne très vite. Selon son témoignage publié par Mediapart et repris par Public, Patrick Bruel lui aurait « sauté dessus ». Florima Treiber décrit un état de sidération totale. Elle n’aurait « pas été en mesure de le stopper ». Ce mécanisme psychologique — l’impossibilité de réagir face à une agression inattendue — est aujourd’hui documenté par les spécialistes des violences sexuelles.

Quand elle parvient à reprendre ses esprits, l’ancienne candidate lui rappelle qu’elle espérait une rencontre professionnelle. La réponse du chanteur, selon elle, résume toute l’ambiguïté du personnage : il lui aurait dit qu’il était « le même homme que dans ses chansons, sous-entendu le lover ». Comme si la séduction de scène justifiait tout ce qui se passait hors scène. D’autres femmes ont décrit des situations similaires dans leurs propres témoignages.

« Là, j’étais face à un animal, la sueur au front… Et il m’a dit qu’il ne m’avait rien promis. » Cette phrase, lâchée sans affect apparent, résume le basculement. L’ex-Miss confie s’être sentie « salie » et « naïve ». Deux mots qui reviennent dans la bouche de nombreuses plaignantes de ce dossier.

« Si je témoigne, c’est parce que j’ai une petite fille »

Pourquoi parler maintenant, près de vingt ans après les faits ? La réponse de Florima Treiber tient en une phrase : « Si je témoigne aujourd’hui, c’est parce que j’ai une petite fille, et je prie chaque jour qu’elle ne rencontre jamais ce type de personnage. » Elle se décrit comme une « microvoix » — consciente que son récit seul ne pèse pas lourd, mais qu’ajouté aux autres, il contribue à un tableau d’ensemble.

Et ce tableau, justement, ne cesse de s’élargir. Depuis que Mediapart a publié ses premières révélations, le nombre de femmes qui prennent la parole n’a pas cessé d’augmenter. Au point que les avocats du chanteur ont fini par sortir du silence face à l’ampleur médiatique de l’affaire. L’entourage de Bruel, lui, assure que le chanteur est « tombé des nues » en découvrant ces accusations. Ses proches ont livré leur version des événements.

Mais le récit de Florima Treiber n’est qu’une pièce d’un puzzle beaucoup plus vaste — et beaucoup plus sombre.

Trente plaignantes, trente ans de faits présumés

L’enquête de Mediapart publiée en mai 2026 porte désormais à une trentaine le nombre total de plaignantes. Quinze nouveaux témoignages ont été recueillis dans cette dernière vague. Les faits présumés couvrent une période vertigineuse : de 1991 à 2019. Près de trois décennies.

Palais de justice français avec dossiers judiciaires empilés sur un bureau en bois

Les profils des accusatrices sont aussi divers que leurs récits : fans, comédiennes, esthéticiennes, assistantes de production. Sept des nouvelles plaignantes décrivent, selon Libération citant Mediapart, « des relations sexuelles auxquelles elles n’auraient pas consenti ». La directrice d’Unifrance a elle aussi livré un récit détaillé aux enquêteurs.

Un élément revient avec une régularité troublante dans ces témoignages : les pertes de mémoire. Plusieurs femmes mentionnent avoir bu un thé avant de perdre connaissance. Le mot « soumission chimique » n’est pas prononcé par les victimes elles-mêmes — elles décrivent des trous noirs, des réveils sans souvenir, des corps qui ne leur obéissent plus.

Le cas d’Eva, 16 ans au moment des faits

Parmi les récits les plus graves, celui d’Eva. Dans les années 1990, elle est mineure — 16 ans — quand les faits présumés se produisent. Les accusations vont jusqu’au viol dans des espaces privés. Son cas illustre à lui seul la gravité potentielle du dossier et pourrait, selon les spécialistes, modifier la qualification juridique des poursuites si l’enquête confirme ces éléments.

Une femme anonyme, 33 ans aujourd’hui, témoigne auprès de Mediapart dans des termes qui marquent : « Je me revois dans son lit, allongée sur le côté, en train de me faire sodomiser. Je ne suis pas dans mon corps. » Une autre ajoute : « Je me suis toujours dit : il m’a droguée. » Ces mots rappellent ceux entendus dans le témoignage d’une journaliste qui décrivait « un truc sale, glauque » dans un hôtel de Monaco.

Le dossier continue de s’alourdir semaine après semaine. Une nouvelle enquête pour tentative de viol a été ouverte récemment, relançant la pression judiciaire. Pendant ce temps, la question de sa tournée divise le monde du spectacle. Anna Mouglalis, Pomme et une cinquantaine de signataires ont exigé l’annulation des 57 concerts prévus. Les organisateurs, eux, avancent un argument économique : annuler reviendrait à mettre 65 personnes au chômage.

Un mode opératoire qui interroge

Ce qui frappe dans l’ensemble de ces témoignages, ce n’est pas seulement leur nombre. C’est leur ressemblance. La rencontre dans un cadre professionnel ou prestigieux. La promesse — implicite ou explicite — d’un coup de pouce de carrière. L’invitation dans un lieu privé. Et puis le basculement.

Florima Treiber a refusé le champagne. D’autres n’ont pas eu ce réflexe — ou ce réflexe n’a pas suffi. Le thé qui revient dans plusieurs récits, les pertes de conscience décrites avec les mêmes mots par des femmes qui ne se connaissent pas : tout cela dessine un schéma que les enquêteurs devront démêler. L’une des accusatrices a même montré la vidéo du soir présumé de l’agression, se décrivant comme une « proie » face à « un chasseur ».

Entre ceux qui défendent le chanteur et ceux qui réclament des comptes, l’affaire Patrick Bruel est en train de devenir l’un des dossiers les plus massifs de la vague MeToo française. Avec trente plaignantes, trente ans de faits présumés et des investigations toujours en cours, la justice n’a pas fini de démêler cette affaire. Et d’autres voix pourraient encore s’ajouter.

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1 commentaire

  • E
    Effe
    11/05/2026 à 01:40
    Une vielle chanson dit:"🎶 Ah il fallait pas y aller". Ce type, pourtant peu ragoûtant, est un malade, un détraqué comme bon nombre de ces hommes qui ont du succès et de la notoriété. Ces filles sont attirées et en attendent de l'aide pour se faire connaître. Va t-on ds une chambre? Elles sont naïves à ce point? Restent les nauséabondes histoires des massages. Ce Benguigui est répugnant🤮

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