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Ce placement que les banquiers gardent pour eux peut rapporter le double du Livret A après 60 ans

Publié par Mathieu le 13 Avr 2026 à 5:33

Des millions de Français approchent de la retraite avec des milliers d’euros qui dorment sur leur Livret A, parfois au plafond. Dans les coulisses, leur banquier utilise un outil d’épargne bien plus rentable — un produit sécurisé, garanti par l’État, mais que personne ne leur propose spontanément. Sur deux ans, la différence peut atteindre le double en intérêts.

16 737 euros en moyenne qui ne rapportent rien

Le réflexe est quasi automatique pour la plupart des ménages français : l’argent atterrit sur le compte courant, stagne quelques semaines, puis finit par être transféré sur le Livret A. D’après MoneyVox, chaque foyer détient en moyenne 16 737 euros sur son compte courant, une somme considérable qui ne génère pas le moindre centime d’intérêt.

Senior français inquiet devant ses relevés d'épargne

Le problème, c’est que ce transfert vers le Livret A se fait souvent par habitude, sans véritable stratégie. Quand on a 35 ans et qu’on met de côté pour un imprévu, rien à redire. Mais quand on approche des 60 ans, avec un matelas d’épargne conséquent et la retraite en ligne de mire, laisser trop d’argent sur le Livret A peut coûter très cher en intérêts manqués.

Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux et citée par MoneyVox, résume bien cette logique appliquée à l’immobilier : accepter un peu de blocage aujourd’hui permet de sécuriser l’avenir. Pour l’épargne, le raisonnement est exactement le même. Encore faut-il connaître les bons outils.

Le Livret A : parfait en coussin, médiocre en stratégie

Rappelons les bases. Le Livret A est un livret réglementé, plafonné à 22 950 euros, dont le taux est fixé par la Banque de France et révisé tous les six mois. Gelé à 3 % jusqu’en janvier 2025, il offre un avantage majeur : les intérêts sont totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Pour une épargne de précaution, c’est idéal.

Mais justement, le Livret A est conçu pour ça : un coussin de sécurité, de l’argent disponible à tout instant pour faire face à un imprévu. Le souci survient quand l’épargne dépasse largement ce besoin de précaution. Si vous avez 50 000 euros de côté et que trois mois de salaire suffisent à couvrir vos urgences, pourquoi laisser le reste à un taux qui pourrait chuter à 1,5 % dès la prochaine révision ?

Comparaison visuelle entre épargne Livret A et compte à terme

C’est précisément là que le bât blesse pour les Français qui approchent de la retraite. Leur capital est constitué, leurs besoins de liquidité immédiate diminuent, mais leur argent continue de stagner sur un produit pensé pour le court terme. Et pendant ce temps, l’inflation grignote leur pouvoir d’achat.

Le compte à terme : l’arme secrète que votre banquier connaît bien

Dans les coulisses du système bancaire, il existe un placement que les établissements utilisent massivement pour leur propre gestion : le compte à terme. Défini par l’Article L312-2 du Code monétaire et financier, c’est un dépôt dit « irrévocable ». Concrètement, vous placez une somme pour une durée fixe — 12, 18 ou 24 mois — et en échange, la banque vous garantit un taux d’intérêt fixé dès la signature du contrat.

Pourquoi la banque accepte-t-elle de vous payer plus cher ? Parce qu’elle a besoin de ressources stables pour respecter ses obligations réglementaires, notamment le ratio LCR issu des accords de Bâle III. Votre argent bloqué, c’est de la liquidité garantie pour elle. En contrepartie, elle vous rémunère davantage que sur un simple livret. Un échange gagnant-gagnant, sauf que votre conseiller « oublie » souvent de vous en parler.

Côté sécurité, le compte à terme est couvert par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) jusqu’à 100 000 euros par établissement. Autrement dit, votre capital est protégé exactement comme sur un Livret A. Ce n’est ni un investissement risqué, ni un produit financier complexe : c’est simplement une épargne mieux rémunérée en échange d’un engagement de durée.

500 euros de différence par an sur 50 000 euros placés

Passons aux chiffres, car c’est là que la démonstration devient éloquente. Les comptes à terme affichent actuellement des rendements compris entre 3,8 % et 4,2 % bruts sur des durées de 12 à 24 mois. Certaines banques proposent même davantage pour attirer de nouveaux épargnants.

Prenons l’exemple concret de 50 000 euros placés. Sur un Livret A à 3 %, vous récoltez 1 500 euros d’intérêts par an, nets d’impôt. Sur un compte à terme à 4 %, vous obtenez 2 000 euros bruts. Après application de la flat tax de 30 % (prélèvement forfaitaire unique), il vous reste environ 1 400 euros nets.

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À première vue, le Livret A semble légèrement devant grâce à son avantage fiscal. Mais voilà le piège : le taux du Livret A n’est pas figé. Si la Banque de France le ramène à 1,5 % — ce qui se profile déjà pour 2026 — vos 50 000 euros ne rapporteront plus que 750 euros par an. Pendant ce temps, votre compte à terme continue de verser ses 4 % garantis jusqu’à l’échéance. Sur la durée du contrat, les intérêts du compte à terme peuvent approcher le double de ceux du Livret A.

Les précautions à prendre avant de se lancer

Le compte à terme n’est pas sans contrainte. Son principal inconvénient tient dans son nom : le terme. L’argent est bloqué pour la durée convenue. Si vous avez besoin de le récupérer avant l’échéance, une sortie anticipée entraîne une pénalité. Le taux servi peut être réduit d’au moins 0,5 point, et dans certains cas, vous perdez tous les intérêts du premier mois.

Conseillère bancaire expliquant le compte à terme à une cliente

C’est pourquoi il ne faut jamais y placer l’intégralité de son épargne. La règle d’or, celle que les conseillers patrimoniaux appliquent à leurs propres finances, repose sur une méthode en deux étapes :

Premièrement, conservez trois mois de salaire sur votre Livret A. C’est votre filet de sécurité, l’argent que vous pouvez retirer à tout moment en cas de coup dur — une réparation urgente, un problème de santé, un imprévu familial. Pour un salaire autour de 2 500 euros, cela représente environ 7 500 euros.

Deuxièmement, placez l’excédent en comptes à terme échelonnés sur 6, 12 et 18 mois. Cette technique, appelée « échelle de maturité », vous permet de récupérer une partie de votre épargne tous les six mois sans pénalité. Si les taux montent entre-temps, vous pouvez replacer la somme libérée à un meilleur rendement. Si vous avez besoin d’argent, une tranche arrive bientôt à échéance.

Après 60 ans, chaque point de rendement compte

Quand on a 30 ans devant soi, la différence entre 1,5 % et 4 % semble anecdotique sur un an. Mais à l’approche de la retraite, la perspective change radicalement. Après 60 ans, l’objectif n’est plus d’accumuler du capital : c’est de le faire fructifier au maximum avant que les revenus ne diminuent.

Avec une pension de retraite souvent inférieure au dernier salaire — et des réformes qui modifient régulièrement le calcul — chaque euro d’intérêt supplémentaire peut faire la différence. Sur cinq ans, entre 60 et 65 ans, la stratégie comptes à terme échelonnés sur un capital de 50 000 euros peut générer plusieurs milliers d’euros supplémentaires par rapport au Livret A, surtout si le taux de ce dernier continue de baisser.

D’autant que le contexte fiscal pourrait évoluer. Le gouvernement étudie déjà un possible durcissement de la fiscalité sur certains produits d’épargne, et la question d’un impôt sur l’épargne « improductive » est régulièrement mise sur la table. Raison de plus pour optimiser ses placements dès maintenant.

Comment ouvrir un compte à terme

La démarche est plus simple qu’on ne le croit. La plupart des banques traditionnelles et des banques en ligne proposent des comptes à terme. Il suffit de prendre rendez-vous avec votre conseiller — ou de comparer les offres en ligne — en vérifiant trois éléments : le taux garanti, la durée d’engagement et les conditions de sortie anticipée.

Pensez à répartir vos dépôts sur plusieurs établissements si votre épargne dépasse 100 000 euros, afin de rester couvert par la garantie du FGDR pour chaque compte. Et n’oubliez pas de optimiser les dates de versement : comme pour le Livret A, le timing peut influencer vos rendements.

À l’heure où le rendement du Livret A s’apprête à fondre, le compte à terme reste l’un des rares placements sans risque qui permet de verrouiller un taux attractif. Les banquiers le savent — il serait temps que leurs clients le sachent aussi.

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